Vie Nomade • Le blog voyage et culture, depuis 2008À proposPresseProContact
Belles
Destinations
Corinne

Tu m’parles-tu québécois?

Mon amour pour le Canada est de ceux déraisonnés, de ceux qui pointent leur nez à l’adolescence et qu’on imaginerait disparaître plus tard, avec la sagesse des années. Mais celui-ci, non, il est resté! Et avec lui, les merveilleuses rencontres canadiennes qui ont marqué ma mémoire comme mon quotidien.

Lorsque Le Corridor m’a demandé de parler de la francophonie canadienne, j’ai eu des étoiles dans les yeux. Si vous saviez l’effet que ça me fait, d’entendre ses incroyables accents! Car comment ne peut-on pas être en amour avec le québécois? Ces tournures, ces expressions, ces envolées bibliques… Tout ça me rend aussi joyeuse qu’une poutine au chocolat ou qu’un Bloody Caesar.

Le Canada est d’abord venu à moi

Oh j’en ai vu, du Québec! Et je ne m’en lasse pas. Et je rêve souvent à lui. C’est que mon amour a commencé très tôt, à mes quinze ans.

deuxparquatre pub brut

Une poutine… au chocolat

Mes quatre longues années de préparation au bac, à partager ma classe avec des gens qui semblaient graviter sur une planète bien différente de la mienne, ont fait poindre mes premières envies sérieuses d’évasion, de solitude.

La cabane au Canada. Celle qui, dans mon imaginaire, se serait laissée ensevelir de neige, m’aurait emprisonnée à dessein dans de longs mois de contemplation, à vivre dans la plus vive simplicité: d’encre et de café.

Et puis Sylvain Tesson l’a fait pour moi, ailleurs et avec de la vodka. Mais je l’ai aussi fait quand même un peu, une fois (juste pour la nuit, juste pour y goûter) quelque part dans l’Abitibi-Témiscamingue. Algonquins et descendants des premiers colons m’y ont raconté un monde antique, une histoire fascinante, et ce dans la langue de mon coeur.

Mais revenons à mes années de collège (comme on dit en Suisse). Il y a eu ce jour où mon cours de chimie a accueilli un personnage curieux: mon premier Québécois en chair et en os: un professeur en échange pour un an. Dans ma classe, on a tous un peu rigolé quand il a prononcé « les liens peptidiques » (les liens p’psidièques?). Ce n’était pas méchant, bien entendu! C’était la surprise: on n’avait jamais entendu un accent français aussi chantant (et ce malgré nos expressions suisses plutôt colorées).

Notre charmant professeur a tout de suite été intégré et aimé de tous. Il nous a appris de nombreuses expressions et a partagé avec nous de petits bouts de sa culture; des choses qui ressemblaient un peu aux nôtres tout en étant différentes. C’est là, je crois, que j’ai entendu parler la première fois de la cabane à sucre, où l’on se goinfre de bonnes choses dans un restaurant boisé, au son de la musique.

Cabane à sucre Chez Dany, Mauricie

Cabane à sucre Chez Dany, en Mauricie

Découvrez Le Corridor

Saviez-vous que la francophonie canadienne, ce n’est pas que le Québec? Le Corridor est une initiative récente qui répertorie l’offre patrimoniale, culturelle et touristique francophone à travers tout le Canada. Sur son site web comme son application mobile, vous trouverez une mine d’or de documentation sur les communautés francophones de tout le territoire, du Yukon à la Nouvelle-Ecosse. Dans la section Découvrir, le site et l’application proposent une liste d’activités francophones classées par catégorie (p.ex. extérieur, gastronomie, patrimoine). Site comme application permettent en outre de créer un itinéraire personnalisé.

Le Corridor: patrimoine, culture et tourisme francophone au Canada

À la rencontre du Canada

Et puis j’ai rencontré le Canada à travers mon amie Evelyne. Le mot que je préfère l’entendre dire, c’est « beurre ». Il y a quelque chose dans cette manière de prononcer le beuuuurre (en faisant remonter la partie inférieure de notre mâchoire) qui le rend encore plus sexy sur mon pain.

Communautés francophones au Canada

Bon, à part le beurre, il faut dire que c’est grâce à ma rencontre avec Evelyne si j’ai pu mettre les pieds pour la première fois en terre promise… et que je ne passe plus un jour sans mettre du sirop d’érable dans mon café (pourquoi je m’égare constamment dans les sucreries?).

C’était en 2012. Mon chum d’alors m’avait laissé en plan à Los Angeles et j’avais pu vivre un Noël québécois avec Evelyne, fondue chinoise et tarte au sucre en prime. Plus tard, Québec City, ses petits bars, ses expats, ses colocs, ses panneaux « Arrêt » et ses jolis murs sont devenus mon chez moi temporaire lorsque j’ai quitté les Etats-Unis.

Dans mes souvenirs les plus aventureux, il y a cette nuit où avec Zoé, ma colocataire française, on a fait du stop à la fermeture du bar: c’est la camionnette de livraison d’un journal local qui nous a ramassées sur les trois heures du matin. On s’est assises sur les piles de journaux, à rigoler comme des baleines sur ces papiers presque comme les nôtres.

Amoureuse, et comme chez moi

Et puis j’ai connu Montréal et j’en suis tombée amoureuse. Il y avait là la famille d’Evelyne, mais aussi mes amies blogueuses, celles que je suis depuis des années, comme des soeurs lointaines: Anick-Marie, Jennifer, Marie-Julie.

Anick-Marie est la plus douée à parler sans accent, c’en est bluffant. On la trouve plus facilement à l’extérieur du Québec que dedans! Marie-Julie fait la part belle à la langue et au voyage, avec ses dix livres publiés. Jennifer, elle, détient le vocabulaire le plus fou. Quand on va manger c’est toujours cochon et toujours très drôle. Elle glisse un vocabulaire dans mon quotidien que je garde avec moi, tout simplement parce que je le trouve beau.

Montréal, Québec

Montréal

À Montréal  il y a les amies, mais il y a aussi quelque chose qui me fait me sentir comme si j’étais chez moi, comme si j’avais dû naître là. Comme s’il fallait que je considère, un jour, de venir y passer quelques années, voire à m’y arrêter indéfiniment, pour jeter toute sa couleur dans mon prose. Et il y a cette simplicité de langue, qui nous fait tout paraître plus familier, comme si l’on n’avait pas vraiment changé de planète…

Sans parler de tous ces autres lieux dont je rêve: les Îles-de-la-Madeleine, le Saskatchewan, le Nunavut, le Yukon… et le Lac-Saint-Jean (et sa tourtière, et ses bleuets)…

Qu’y puis-je, ma foi, je suis amoureuse du Canada, de ses arrêts de trains scandés parfois en français, parfois en anglais. De son espace infini, de ses merveilles, mais surtout de ses gens qui, francophones ou non, ont toujours su mettre de l’amour dans ma vie.

 

Je vous laisse sur quelques images qui vous donneront certainement envie de découvrir la richesse du Canada francophone. Pour plus d’idées de voyage, découvrez tous mes articles dans la rubrique Canada.

Cet article a été réalisé en partenariat avec Le Corridor et j’ai touché une rémunération. Les opinions et les choix éditoriaux me sont propres.

Par Corinne Stoppelli

Je suis Corinne, un petit oiseau libre. Sans domicile fixe depuis 2010, je sillonne la planète à la recherche d'inspiration et de points de vue différents. Sur Vie Nomade, je partage mon regard sur le monde, le temps et le changement, d'une plume sincère et d'un objectif curieux et ouvert. En savoir plus?

Rédiger un commentaire?

(7 commentaires)

  1. Michel

    Ben lâ. … depuis ce temps tu mets du beuuure sur tes toasts le matin ?
    Tu es toujours la bienvenue au Québec
    Michel, papa de ta chum Evelyne

  2. Dani

    Bel article! Moi aussi j’adore l’accent québécois et leurs expressions que je ne comprends pas toujours.

  3. Je ne connais pas grand chose de plus mignon que les expressions de mes 3 petits neveux québécois.
    Tu veux tu jouer avec moi ? J’ai pô le gôut de manger des épinards… Le foot c’est plate ! :D

  4. Quelle belle écriture, et quel bel hommage. Ça fait du bien de vous lire ;)

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Partagez cet article avec un ami