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d'ailleurs

Apologie de la valise

Publié le • Dernière mise à jour:

Je n’aime pas vivre dans mes valises.

Mais qui pourrait se targuer d’aimer ça? De se perdre au quotidien dans un amas de choses pêle-mêle? De considérer une confusion constante entre ce qui est propre, sale, ce qui est petit et se perd (au fond de quelle poche, déjà?) et ce qui prend toute la place parce qu’on l’a mal plié (et j’en passe)?

Aimez-vous ça, vivre dans vos valises, vous?

Mais d’un point de vue un peu plus positif:

J’aime vivre de mes valises.

Il n’y a pas d’armoire, pas d’étagère où proprement ranger, organiser ses choses. Mais il y a cette valise dans laquelle on peut caser l’essentiel, le nécessaire.
La valise impose une limite que nous ne pouvons dépasser, sous peine d’être encombré, bloqué.

Finalement, s’il y avait plus d’objets que cette valise ne pourrait contenir, il faudrait reconsidérer sa façon de se déplacer. Et quoi si sa façon de se déplacer, c’est justement sa façon de vivre?
La valise nous force donc à rester raisonnable. C’est un carcan positif, celui de la liberté.

Et puis rien ne nous empêche un petit investissement, à l’étranger. On peut choisir un appartement meublé, ou encore acquérir une petite étagère de seconde-main, y ranger ses affaires et recaler temporairement la valise, histoire de se sentir plus à la maison.

Dans la rue, la valise nous confère automatiquement cet air en mouvement. Les badauds pensent que l’on s’en va, très peu que l’on revient de quelque part. Ils imaginent les destinations chaudes et exotiques, ou l’excitant voyage d’affaires en première classe, selon la taille de votre valise, sa couleur, sa forme.

La valise fait rêver.

Valises, avions...

Par Corinne Stoppelli

Je suis Corinne, un petit oiseau libre. Sans domicile fixe depuis 2010, je sillonne la planète à la recherche d'inspiration et de points de vue différents. Sur Vie Nomade, je partage mon regard sur le monde, le temps et le changement, d'une plume sincère et d'un objectif curieux et ouvert. En savoir plus?

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(4 commentaires)

  1. Une apologie qui me touche beaucoup… Albert Londres lui-même ne projetait-il pas d’écrire ses « Mémoires d’une valise », en hommage à sa bonne vieille valise en peau de cochon?

    Bel hommage, en tous cas.

    • Décidément il va falloir que je me cultive encore pas mal :p
      Merci Serge! Non seulement je suis flattée, en plus j’apprends des choses!

      • Tu sais, ce genre de culture vient avec le temps… et je triche, car je dois avoir une quinzaine d’années d’avance sur toi: pour une fois que ça sert! :D

        Cela dit, tu m’en apprends aussi tout plein, et de belles choses, et c’est bien ce que j’apprécie le plus: lorsque deux personnes peuvent échanger et s’enrichir. Mais ce n’est pas à toi que je vais l’expliquer: ta passion pour le voyage me semble plonger ses racines profondément dans ce terreau!

        Pour en revenir à mon cher, très cher Albert Londres: il se laisse encore relire avec plaisir aujourd’hui, il avait vraiment une belle plume! Alors, évidemment, le sujet et le style ont peut-être quelque-peu vieilli, mais…

        Tu as une adresse postale un peu plus fixe ces jours, non? Ou si tu as une poste restante quelque-part, je me ferai un plaisir de t’envoyer son joli « La Chine en folie », je crois que tu pourrais apprécier (et à 154 pages en poche cela n’ajoute pas un poids indu à ta valise ;)

        • Un grand merci pour tes mots qui me touchent et m’encouragent (comme d’hab :p)! Si je peux apporter quelque chose je suis toujours on ne peut plus ravie… ça et puis oui! En plus, ce qui m’enrichit, je peux l’utiliser pour aller enrichir plus loin, c’est toujours tout bénèf’!
          Merci aussi pour le joli cadeau que j’accepte avec un plaisir non dissimulé :D Je t’envoie mon adresse temporaire!

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