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Corinne

Profession: voyageuse

Je reçois régulièrement des messages qui me demandent: « mais comment tu fais, pour gagner ta vie? ». En résumé: je suis webdesigner indépendante. Mon métier n’a rien à voir avec le voyage… si ce n’est que ce dernier m’est très inspirant.

Alors un bon nombre de gens se dit: « oui mais moi, je suis astronaute, comment je fais, pour voyager? ». À tous les astronautes (et autres!) qui me lisent: vous disposez d’un savoir-faire précieux – et si vous pensez que votre métier est inutile, vous avez certainement un hobby? Quelque chose qui vous amuse et vous aide à faire passer le temps? Et sinon, il doit bien y avoir quelque chose de nouveau qui vous donne envie d’apprendre?

Comment j’ai choisi mon métier

J’ai choisi mon travail en fonction de mes intérêts et de mes plaisirs. Avant tout, j’aimais créer des sites Web: j’ai réalisé mon tout premier en 1998.
Et puis un jour, je me suis dit que j’allais en faire mon métier, mais aussi que je voulais travailler toute seule, sans limite dans mon emploi du temps, sans chef et surtout, sans avoir à me déplacer tous les jours vers un bureau tout gris.
Alors je me suis inscrite à une école d’art et de communication. Cela a duré 3 ans.

En parallèle, je continuais d’apprendre et de me perfectionner sur des techniques Web, et puis d’expérimenter avec mes autres hobbies, ou alors je m’en créais de nouveaux: comme l’écriture (passion d’enfance), la photographie (idem!) et la création de personnages en 3D (un peu plus tard).
J’ai commencé à vendre en ligne des personnages et des photos, et cela m’a permis d’obtenir de petites rentrées supplémentaires tout en faisant des choses que j’aime.

Et puis un jour, j’ai réalisé que j’avais envie de tout lâcher, et de voyager.

Non, ce n’est pas le métier facile dont on rêve!

Une chance! J’avais déjà mis de l’ordre dans mes affaires, déjà développé ma base de clients… Il ne me restait plus qu’à rendre mon travail portable: un jeu d’enfant!

Alors qu’est-ce que cela requiert d’être un webdesigner? Une formation… ou pas. On peut tout apprendre à partir de zéro en ligne. C’est une culture qu’il vous faudra surtout, de ce qui se pratique, de ce qui est esthétique, de ce qui vend et se vend.

En moins résumé: j’aide à créer des marques, à les vendre en ligne, à les faire connaître. Je gère de petites équipes (graphistes, photographes, etc). Je gère des budgets, des contrats. Je réalise des identités visuelles, des interfaces, et puis je communique. Au final, c’est plutôt un travail de directeur artistique, ou de directeur créatif.
Tout cela, c’est venu avec l’expérience, la pratique, mais surtout: la passion, depuis le fameux premier site en 1998.

Ce que je cherche à faire ici n’est pas vous décourager. Mais j’aimerais vous dire qu’avoir un métier, quel qu’il soit, n’est pas la clé du voyage. Être webdesigner, développeur, traducteur, chanteur, astronaute, etc, ça demande du savoir, des compétences, de la détermination. Le métier n’est pas LA solution rapide, simple et efficace. Mais il peut aider.

Changer son style de vie

Vous aimez faire quoi? Vous savez faire quoi? Vous avez envie d’apprendre quoi?
Mon idée, c’est d’abandonner la peur de ne pas avoir assez d’argent et de sécurité, et de se diriger vers un style de vie en harmonie avec notre rythme et nos envies.
Si notre vie actuelle ne nous plaît pas, pourquoi ne pas la changer maintenant?
Et si le voyage est vraiment notre passion, on trouvera les moyens de l’accomplir et de l’intégrer à notre routine.

Avant tout, il s’agit de mettre de l’ordre dans sa vie. Et il n’est jamais trop tard pour ça.
Je continue de façonner ma vie professionnelle au fur et à mesure: si quelque chose de nouveau me plaît, j’en sais l’opportunité.

Et si je n’avais pas eu ce travail, je n’aurais pas hésité à m’engager comme professeur d’anglais… ou comme serveuse? ailleurs dans le monde.

Par Corinne Stoppelli

Je suis Corinne, un petit oiseau libre. Sans domicile fixe depuis 2010, je sillonne la planète à la recherche d'inspiration et de points de vue différents. Sur Vie Nomade, je partage mon regard sur le monde, le temps et le changement, d'une plume sincère et d'un objectif curieux et ouvert. En savoir plus?

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(22 commentaires)

  1. Cocolook

     Très intéressant et très vrai. Tout à fait d’accord. Désormais je vais suivre ce blog de près à défaut de voyager…

  2. Lucie Aidart

    Tout à fait d’accord avec toi… si un jour j’ai envie de partir au Japon, je trouverai un boulot n’importe quel boulot. Il y a tant de moyens de voyager et de changer de vie, il faut être un peu créatif et déterminé…

  3. Tres joli article, tres vrai.
    Je suis chercheuse en biologie et c’est un metier extra quand on a envie de voyager. C’est un metier que j’ai choisi aussi pour son cote nomade.
    Il s’agit plus de voyage au long cours puisqu’il s’agit souvent de contrats de deux ou trois ans. Pour l’instant, nous sommes en Australie mais dans quelques mois, qui sait ? On aimerait rester ici mais l’ailleurs nous tente aussi. On verra. On n’a pas forcement besoin de savoir de quoi demain sera fait…
    On n’a pas de certitude quand aux annees qui viennent, certes, mais on fait des decouvertes a la pelle (a la paillasse et en dehors) et surtout, on a une impression de progression constante, tres enrichissante sur le plan personnel. Qui s’associe a une necessite de ne pas se laisser pieger par la routine pour continuer a avancer, pour construire ce bout de chemin qui nous menera on ne sait pas trop ou.
    Oui, il faut se donner les moyens de ses envies, il faut parfois oser sauter dans l’inconnu. Ce n’est pas toujours simple mais c’est tellement gratifiant !

    • Salut la Grande Blonde! Merci pour ce beau témoignage :) Je suis tout à fait d’accord, surtout sur la question de s’enrichir. Je suis persuadée qu’on peut s’enrichir sans bouger de chez soi, mais quand même, ça va drôlement plus vite et c’est aussi bien plus passionnant, quand on sort du cadre de nos petites habitudes!

  4. Vapartoo

    Merci pour ton article. C’est intéressant de découvrir un le peu le mode de vie des blogueurs ;)
    Sa lecture me motive à pousser mes différents projets on-line !

  5. Touvert

    Je suis webdesigner et bientôt voyageur sac au dos en Asie, mais au contraire de toi Corinne, mon départ à l’aventure va me servir à souffler un bon coup, et même à abandonner complètement (et je l’espère, définitivement) ce domaine…

    Il m’a passionné pendant 10 ans, mais je me suis tout de même rendu comptes que ça avait été un moyen pour moi d’oublier mes problèmes (j’ai appris le webdesign en auto-didacte, ce qui fait que je passais ma vie devant les écrans), et maintenant que je me sens beaucoup mieux dans ma peau, ça m’horripile car j’en vois tous les mauvais côtés : Effacer sa vie sociale à force de rester devant un ordi, passer son temps à faire du débogage, se battre avec les bouts de codes qui ne fonctionnent pas, ou alors très bien sur un navigateur et pas du tout sur un autre pour finir par ne même pas être remercié par le client et j’en passe…

    Du coup, je fais mes derniers sites (j’en ai encore trois à finir), et puis hop, c’est fini pour moi, la liberté. Je ne sais pas encore quel domaine en particulier me tente vraiment, mais je vais me jeter dedans et profiter. Le Wwoofing me servira bien dans ce genre de quête, et faire des petits boulots un peu ingrats ne me gènera pas du moment que ça me permette de continuer à voyager.

    Apparemment, toi tu as vraiment le virus et c’est bien, ça veut dire que tu peux te permettre de continuer en prenant du plaisir. (ce que je te souhaite en tout cas)

    Bonne continuation. ;)

    Steve

    • Hello Steve,

      Un grand merci pour ton témoignage!
      J’avoue que des fois, je pense à changer de voie. J’aime écrire, et j’aimerais ne faire que ça. Mais pour l’instant, je suis reconnaissante comme toi que ce job m’aide et finalement me donne les ailes (financières!) dont j’ai besoin. 
      Donc oui, j’essaie de continuer avec le plus de plaisir que possible, ne garder que les clients qui en valent la peine (les intéressants, ouverts à la nouveauté, inspirants et reconnaissants), le temps d’un grand changement, qui sait?
      En tout cas, j’espère que tu partageras tes aventures, et si c’est le cas, je me réjouis de les lire!
      À bientôt et bon courage :)

      • Touvert

         Merci Corinne pour ta réponse,

        oui, un blog (avec WordPress.com, plus envie de tout gérer moi-même) est prévu, il est déjà en ligne, mais comme j’ai pas encore eu le temps de m’en occuper, il n’y a encore quasi rien à lire à part ma page de présentation.

        En attendant, je continue à lire ton blog et quelques autres pour garder l’inspiration, les bonnes idées et la bonne humeur générée par les découvertes des voyageurs qui profitent pleinement. ;-)

  6. Tiphanya

    Dans le but de voyager j’ai une base de formation en tourisme (développement au niveau local et non agent de voyage) et une autre en langues et cultures africaines. Mais en prenant du plomb dans la cervelle je me suis rendue compte que soit je devrais m’adapter au fil des voyages, soit je devais revoir mes plans. Du coup lorsqu’en deuxième année de civilisations africaines on m’a proposé en parallèle de préparer le métier de prof de français langue étrangère, j’ai sauté sur l’occasion. Pour l’instant je ne suis qu’au master, mais j’ai déjà enseigné au Togo et au Kirghizstan. Probablement la meilleure décision que j’ai prise, m’obligeant également à franchir le pas par la suite d’un voyage plus long, puisqu’il n’y a pas de boulot en France !
    Il existe bien plus de métiers permettant de partir qu’on ne le pense/dit, mais certains facilient plus la vie de voyageurs que d’autres.

    • Hello Tiphanya,

      Oui, tu as raison! J’en connais plein qui ont fait prof d’Anglais, ou même d’Espagnol, parfois même à l’université, et souvent sans diplômes spécifiques (en Thaïlande par exemple, si l’on est de langue maternelle).
      Il y en a qui sont serveurs dans les bars à touristes, où ça parle l’Anglais – il y a des téléphonistes (encore les langues), etc.
      PS. Togo et Kirghizstan, c’est un beau programme :)

  7. Tres bel article.

    Comme toi je suis parti en Mai 2010 (le 3), et je pensais voyager 2 ans maximum (ce que j ai ecrit dans mon dossier de sponsor).

    Maintenant je pense voyager encore 3 ans soit 5 ans et je sais que je pourrais voyager toute ma vie si je le voulais.

    Mon metier : j ai termine une formation d’apprenti-ingenieur.
    Mon argent du voyage vient donc de mes etudes.

    Cependant a l epoque je ne savais pas que je voyagerai.Etre ingenieur et globe-trotteur est donc impossible. En realite au Laos, Papouasie ou Nouvelle Zelande on a eu envie de m’embaucher. Mais j ai refuser car un projet d ingenieur dans une nouvelle usine dure au moins 6mois donc autant de temps sans bouger.

    Je ne peux donc pas etre ingenieur.

    Je suis donc ACCORDEONISTE dans les rues ou parfois dans les restaurants.
    Quand j arrive dans une ville, je m installe 1 heure devant un supermarche ou une rue pietonne et je gagne assez pour manger et parfois quelqu’un me demande ou est ce que je dors.
    Ensuite je reprends mon 2eme travail : AUTOSTOPPEUR.

    Parfois je suis AGRICULTEUR. Dans les villages, en echanges d’u coup de main au agriculteur, je suis nourri loge.
    Le conducteur me demande parfois si je peux etre CUISINIER pour la famille en echange du diner gratuit et du lit.

    Le conducteur m’heberge parfois car je suis CONTEUR. je raconte des histoires du monde et a l aide d’un pico-projecteur, j ai un cinema dans la poche.

    Avec le site HelpX ou wwoofing, j’ai egalement ete MENUISIER, et construit un poulailler en Australie ou une terreasse autour d’une piscine au Laos.

    Avec mon blog http://tourdumonde2010.free.fr je suis egalement JOURNALSITE, et recois parfois des dons ou des entreprises pour faire de la publicite sur mon blog mais par principe je refuse.

    Parfois je suis egalement PROFESSEUR de geographie ou d’anglais benevolement dans des associations.

    Bref, si on a un reve, on peut toujours le realiser.
    L’argent a moins d’importance que la volonte, le temps et la liberte  

    • Touvert

       C’est super Adrien, ça me conforte dans mon idée qu’on peut partir comme ça et trouver les ressources nécessaires pour manger et dormir en partant de rien… Mais pour le reste des dépenses (visas, dépenses diverses,…) où trouves-tu l’argent? Il vient aussi de ta vie d’accordéoniste et de journaliste?

      • Touvert

         Ok, je peux me répondre à moi-même car j’ai pu lire les articles de ton blog qui concernent ce sujet et je peux dire que c’est l’une des plus grosses mines d’info qu’on peut trouver sur les voyages « low budget ». ;-)

    • Merci beaucoup pour ce beau témoignage Adrien! J’admire :)

    • Fabien

      Adrien, tu sais, on peut être ingé et voyageur au long cours. C’est ce que je fais depuis 3 ans maintenant. Je construit et démarre des usines à droite à gauche, dès fois j’en répare aussi. Un métier de démerde puissance 10, à trouver comment faire passer un tuyau en contrebande ou des rouleaux de câble en bagage à main. A tout le temps « faire avec ». Comme n’importe quel autre voyageur !

      C’est vrai que l’on peut parfois rester au même endroit un bon moment, mais ce n’est pas toujours le cas. Pour le moment, je crois que la moyenne de temps de séjour a dû être de 3 ou 4 mois, avec un pic à un an. Avec des vacances tous les trois mois plus ou moins… Et personnellement, cette durée me plait, c’est l’occasion de creuser un peu plus, de vraiment rencontrer des gens, d’établir de vrais liens, plus que lors de quelques jours en tout cas.

      C’est aussi, je trouve, un moyen de se laisser porter vers des endroits que l’on n’aurait pas imaginé aller, mais qui pourtant valent largement le coup. Tout en sachant que, malgré le fait que ce soit le boulot, on peut refuser un chantier qui ne nous inspire pas…
      Je me suis retrouvé au milieu de la Russie, dans pas mal de pays du Moyen Orient, à écumer l’Europe centrale, rapidement fondu dans la population grâce aux collègues, aux ouvriers.
      Et, mine de rien, ça résoud directement le problème de l’argent: on est payé à voyager au lieu de l’inverse ! Certains penseront que c’est une compromission, une perte de liberté, je pense que c’est une contrepartie acceptable.

  8. En fait, la base du nomade digital, c’est simplement d’avoir un job qui ne dépende pas de l’endroit où on se trouve. Donc pour ca, il y a plusieurs possibilités (qui peuvent par ailleurs se combiner).
    Soit on peut négocier avec son boss pour pouvoir travailler de chez soi, et par extension d’où on veut. Mon copain a fait ca (il est traducteur juridique). Option 2 : on exerce une activité en freelance et pour laquelle on n’a pas besoin de rencontrer physiquement ses clients (comme moi et Corinne, en tant que webdesigner/developper). Option 3 : créer un business qui génère des revenus de façon autonome, façon Tim Ferriss dans son ouvrage la semaine de 4 heures.
    Les nomades digitaux n’ont pas de jobs qui fassent particulièrement rêver (bien que comme on est indépendant, on s’est quand même assurer d’aimer ce qu’on fait), c’est surtout qu’on s’est appliqué à voir et construire notre travail comme un moyen d’obtenir vraiment ce qu’on veut : la possibilité d’aller où on veut (à la condition ultime d’une bonne connection internet).

    • Oui :) Le job pour la subsistance, et puis aussi l’envie d’affronter les dépaysements constants! Pour nous une excitation, mais pour de nombreuses personnes une fatigue peu nécessaire.

  9. et bien voilà encore un billet intéressant et rare : le cas pratique. Comment combiner travail et voyage, du concret : j’aime !

    Perso, je pense que les métiers du web comme toi et moi (je suis dans le SEO) s’y prêtent particulièrement bien quand même, on part avec un avantage certains sur d’autres professions je trouve en terme de mobilité.

    Après, c’est sûr que comme tu dis, ce n’est pas magique.

    • Merci! Oui, je suis bien d’accord avec toi. Et une chance que tellement de métiers aujourd’hui « s’indépendantisent ». Je suis persuadée qu’on avance vers une ère où de plus en plus de gens seront nomades.

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