Vie Nomade • Voyage, culture & contre-courant, depuis 2008À proposPresseProContact

Carnet
de bord

Corinne

Hypersensibilité et voyage, c’est gérable!

Certains amis me surnomment « princesse ». Je suis fan d’auto-dérision et ils le savent, alors j’en joue avec eux. C’est qu’en superficie j’ai l’air tout à fait normale. Mais lorsque l’on cohabite avec moi je peux avoir l’air difficile, compliquée. Je prends toujours mes décisions avec beaucoup de soin. J’ai une notion du confort bien personnelle. Bien sûr, je fais de mon mieux pour que cela paraisse le moins possible. Princesse des compromis, indéniablement je suis.

Raison de ma complexité? L’hypersensibilité sensorielle. Cette condition peut être handicapante à des échelles différentes: il y a autant de degrés d’hypersensibilité qu’il y a d’être humains hypersensibles.

En voyage, nos sens sont soumis à un nombre de stimulis accrus. Résultats: une fatigue mentale et physique souvent plus prononcée que la normale, une émotivité à fleur de peau et, parfois, des réactions « sur le vif » difficilement compréhensibles par les autres. Des sensations à priori normales peuvent donc rapidement être vécues comme des douleurs.

Je m’en sors personnellement plutôt bien, sûrement parce que je compense avec de l’hyperactivité et un système immunitaire solide. D’autres n’ont pas ma chance.

Reconnaître son hypersensibilité

La première étape pour aller au-delà des inconvénients d’une hypersensibilité, c’est de la reconnaître. J’ai mis toute une vie à le comprendre. Un manque de confiance en moi prononcé, jusqu’à ces dernières années, m’empêchait d’attribuer mes difficultés à une condition neurologique. Je me voyais comme une chiante et j’essayais de me corriger, sans savoir que je me battais contre le vent. L’hypersensibilité, ça ne se soigne pas.

Prendre entièrement conscience de mon hypersensibilité m’a fait vivre un bon semestre de déroute: j’ai pu mettre des explications sur tous ces micro-mécanismes de défense et ces petites habitudes étranges que j’exécutais inconsciemment. Chaque journée suivant ma découverte ré-ouvrait quatre ou cinq nouveaux chapitres dans ma vie. Dans mon analyse du pourquoi du comment, je suis remontée jusqu’à ma petite enfance avec force « C’était donc ça! ».

Comment l’hypersensibilité se manifeste chez moi…

Parce que tout cela peut paraître un peu vaporeux au non-hypersensibles, voilà quelques exemples des difficultés (et petits bonheurs!) auxquels fait face l’hypersensible – avec des exemples personnels, puisque c’est ce que je connais:

L’odorat

Négatif: La plupart des parfums artificiels me procurent une sensation d’étouffement et parfois la nausée. En voiture particulièrement, mais parfois aussi en bus ou en train. En outre, ils m’abêtissent: ils envahissent mon cerveau et m’empêchent parfois de raisonner avec toute mon intelligence. Traverser un duty-free à l’aéroport, entrer dans un magasin Lush ou sortir avec un mec qui utilise un déo Axe sont les trois hantises majeures dans ma vie.

Positif: j’ai une très bonne mémoire des odeurs et je peux m’en servir pour me repérer, raviver des souvenirs, détecter une erreur ou un danger, ou simplement m’en extasier :)

Le goût

Négatif: Les goûts d’un très grand nombre d’aliments sont trop prononcés pour moi. Je peux adorer le goût qu’un poivron procure à un plat, par exemple, mais il m’est très difficile de croquer dedans. Cela n’a rien à voir avec la force d’un plat, j’aime manger très épicé et relevé. Les aliments qui me dérangent n’ont à priori rien en commun. Le choix de mes repas en contrées étrangères relève à coup sûr d’une aventure extraordinaire.

Positif: J’ai un goût fin, là aussi je m’extasie facilement. Je maîtrise les épices et je cuisine souvent instinctivement, mariant les improbables pour un résultat plutôt satisfaisant (je laisse mes invités en juger ;) Et puis pas grave, après tout, je suis une aventurière, à mon échelle!

Le toucher

Négatif: Je suis très sensible au toucher, j’évite les contacts avec les gens que je ne connais pas assez et je garde une distance assez grande entre moi et mon interlocuteur. Ma peau est aussi très sensible et il est rare que je n’aie de bleu nulle part. De nombreux tissus ou papiers me donnent de désagréables frissons au toucher, parfois jusqu’à l’impossibilité de contact.

Positif: Je ne m’étalerai pas sur les plaisirs sensuels :p

L’ouïe

Négatif: Un endroit bondé et rempli de bruit peut me déstabiliser et m’empêcher de me concentrer. Parfois je n’arrive pas à entendre un interlocuteur car les bruits de fond prennent une place trop importante dans mon paysage mental. Il me sera aussi difficile de rester concentrée dans une discussion car tout bruit ou mouvement me distraira.

Positif: Je suis capable de suivre plusieurs conversations en même temps, d’analyser un décor et des mouvements alors que je suis une discussion très prenante. Risque d’interruption prononcé par contre, désolée!

La vue

Négatif: La lumière blanche (style néon) et solaire me pèse, au point de parfois me mettre en danger. Un aveuglement temporaire peut me faire manquer des informations très importantes… comme une voiture qui passe au moment où je veux traverser.

Positif: Je conserve une vue exceptionnelle. Je ne saurais pas vous dire si c’est lié, cela dit!

Sur-stimulation = catastrophe

Jusqu’ici, tout paraît gérable, n’est-ce pas? Mais le vrai problème ne se situe pas dans cette suite de particularités, mais dans leur ensemble: la sur-stimulation.

L’hypersensible est sur-stimulé alors que la personne normale est juste stimulée: son vase est presque toujours presque plein et une odeur, un geste, une lumière en trop peuvent le faire basculer dans la déroute.

Lorsque l’on est physiquement ou émotionnellement dépassé, un bruit ou une odeur de trop peuvent faire lâcher nos nerfs. Peuvent s’en suivre des blocages vocaux, musculaires (tout le corps dit « ça suffit » et s’arrête), et les crises de pleurs (plus rares, heureusement). C’est le mini burn-out.

Mieux vivre avec son hypersensibilité en voyage

En voyage les stimuli sont multipliés, et ajoutés à un état de stress plus prononcé (nouvel endroit, nouvelles habitudes, nécessité d’un apprentissage rapide pour se repérer et se comportement correctement, nouvelles saveurs, nouvelles langues, etc.)

Je connais des hypersensibles que l’idée de voyager rend verts de panique. Mais je pense être une jolie preuve que c’est tout à fait surmontable et je vous livre mon expérience sur le sujet.

  1. Accepter
    Que l’on ne guérit pas de l’hypersensibilité, mais que l’on peut modifier ses habitudes (avec beaucoup de patience envers soi-même, et un peu de patience des autres aussi) afin d’éviter les situations difficiles.
  2. Apprendre à se connaître
    Déterminer ses limites demande aussi du temps et de la patience, et de nombreuses expériences. Le voyage aide en cela qu’il vous pose immédiatement sur la sellette en vous confrontant à vos extrêmes. Utiliser ses expériences négatives comme des cas d’étude afin de jauger ses limites m’a paru être la solution allant de soi.
  3. Se ménager socialement
    Les relations avec les autres sont forcément la source de mille stimulis.
    Eviter en amont une sur-stimulation demande avant tout de savoir se ménager, de se constituer des réserves d’énergie pour se permettre de gérer les cas où l’imprévu nous déstabiliserait.
    Cela demande de savoir fermement dire non / stop / je rentre / je dois dormir / je dois m’arrêter / je dois être seule pour récupérer / etc. et de ne laisser personne se mettre entre vous et votre besoin de récupération. En théorie facile, mais en situation de conflit, de danger ou d’accident: improbable. En être conscient permet de se laisser de la place.
  4. Se ménager sensoriellement
    Eviter les situations provocantes dans la mesure du possible (abandonner les parfumeries, éviter les duty-free), et en parler à ses proches (pour qu’ils évitent les parfums, les gestes brusques, qu’ils manifestent plus de patience à votre égard dans des environnement bruyants, en plein soleil, qu’ils ne soient pas trop tactiles, etc.)
    Choisir des tissus naturels et agréables pour ses habits, sacs, literie (par exemple, quand je voyageais sac au dos, j’avais toujours avec moi un sac à viande et une taie d’oreiller en soie)
  5. Prendre ses décisions difficiles avec soin
    Privilégier les situations où on n’a pas besoin de gérer le manque de confiance ou le risque. Une émotivité à fleur de peau couplée à trop d’input sensoriel = crise assurée. Lorsqu’on ne peut les éviter, se préparer d’avance, se recueillir, faire le vide de manière à les affronter avec plus d’énergie.
  6. Distraire ses sens
    L’astuce pratique, avoir toujours avec soi un petit kit de l’hypersensible. Le mien est composé d’un ou plusieurs accessoires au toucher agréable, d’une crème pour les mains dont j’adore l’odeur (je peux l’appliquer et garder mes mains près de mon visage), un foulard qui permet de se couvrir le nez sans que vos voisins pensent qu’ils puent, des lunettes de soleil larges et foncées, des lunettes de travail légèrement teintées (pour diminuer la lumière de l’écran), éventuellement des gants pour les situations où le toucher est difficile. Les non-négociables: masque de sommeil et bouchons.
    Un album ou une playlist connue permet aussi parfois de s’isoler d’un trop-plein de bruits environnants.
  7. Eviter les supermarchés aux heures de pointe ;)
    C’est là que je pète un plomb le plus souvent. Mouvements erratiques, bruits, couleurs, odeurs, lumières néon: c’est un cocktail molotov pour hypersensibles. Repérer les sorties les plus proches en cas de nécessité absolue.
  8. Prévoir un budget de secours
    J’appelle ça le budget taxi. En soirée, en voyage ou à l’extérieur, vous sentez que vous vous approchez de vos limites. Sautez dans un taxi et rendez-vous chez vous ou, à défaut, dans un endroit où vous pourrez être seul.
    J’étends ce budget à une 1ère classe occasionnelle dans les trains. Lorsque je suis irritable, je surveille les heures de pointe et les évite dans la mesure du possible, quitte à attendre 1 heure de plus dans un bistrot… s’il est tranquille.
Hypersensibilité en voyage

Là c’est bon, je suis parée! Photo © Evelyne Morin

Et vous?

Vous êtes hypersensible? Vous avez des astuces pour mieux le gérer?
N’hésitez pas à partager votre expérience dans les commentaires!

Par Corinne Stoppelli

Je suis Corinne, un petit oiseau libre. Sans domicile fixe depuis 2010, je sillonne la planète à la recherche d'inspiration et de points de vue différents. Sur Vie Nomade, je partage mon regard sur le monde, le temps et le changement, d'une plume sincère et d'un objectif curieux et ouvert. En savoir plus?

La Newsletter Nomade

100% naturel et sans spam
lisez la notice pour en savoir plus

J'aime Vie Nomade!

Rédiger un commentaire?

(37 commentaires)

  1. Très intéressant comme article! Je ne connaissais pas du tout l’hypersensibilité et je te remercie de m’y avoir sensibilisé (sans mauvais jeu de mot!). Je serais à l’avenir peut-être plus compréhensive face à une « princesse » ;)! Les points positifs ont l’air quand même bien sympas, tu as bien raison de chercher le bon dans cette situation qui doit certainement être gênante parfois ;)

    • Merci! (c’est fou ce que le sujet semble porter au jeux de mots :p La dédramatisation c’est bien!) Si je devais choisir entre avoir des sens « normaux » et conserver les miens, malgré les problèmes que ça me cause je choisirais de les conserver pour l’intensité qu’ils apportent à ma vie. Le plus difficile c’était quand je ne savais pas, je ne faisais (automatiquement!) que me comparer aux autres et je ne trouvais pas de solution, si ce n’est se forcer à supporter, tenter d’être le moins gênante que possible… Je crois qu’une fois qu’on réalise, on peut chercher notre propre équilibre, libérés de cette comparaison constante.

  2. L’hypersensibilité sensorielle, je n’y avais jamais pensé… Mais maintenant que tu en parles, ça me ressemble bien ! A creuser… ;)

    Cette découverte, mettre des mots sur notre condition, se repasser chaque moment marquant de notre enfance et comprendre, enfin ! Ca me fait penser à ce que j’ai vécu, il y a un an, quand j’ai compris que j’étais psychorigide. Et comme toi, j’ai appris à vivre avec, à ne plus en avoir honte mais à l’atténuer, pour les autres, pour me rendre plus supportable. Je n’ai pas de solution supplémentaire à celles que tu as données ; la plus importante pour moi étant d’en parler à mes proches, pour qu’ils essaient de comprendre mes réactions avec les bonnes clefs en main.

    Encore un article touchant, en tout cas !

    • Merci Julie, de ton commentaire et de ton partage d’expérience! C’est fou de se dire combien il y a de personnes qui portent une différence mais qui n’arrivent pas à en prendre encore conscience. Comment on a-t-on survécu jusque là? Pour moi c’était comme une bénédiction, même si la traversée de tous ces questionnements a été difficile. Bravo en tout cas, d’avoir viré la honte, on ne mérite certainement pas ça!

  3. Sarah

    Mille mercis pour cet article Corinne !! Cela permet de réaliser à quel point c’est possible et aussi permet de mieux comprendre le fonctionnement de quelqu’un d’hyper sensible.
    Tu as une plume magnifique et j’ai toujours autant de plaisir à te lire !
    Je suis hyper sensible et manager les émotions, sensations et chamboulements, surtout dans une vie de nomade n’est pas simple ! Mais y étant maintenant moi aussi, je confirme que ce n’est pas impossible.
    Personnellement je trouve au contraire que cette aventure m’apporte énormément et m’enrichis en termes d’apprentissage pour « manager » mon hypersensibilité et je me sens renforcée tellement je me connais bien, notamment grâce aux voyages d’avant et ma vie de nomade actuelle.

    Mille merci pour ton expertise et ton partage. C’est précieux.
    Bien à toi,
    Sarah

    • Merci Sarah :) Je suis bien d’accord avec toi. J’ai parfois l’impression que certaines personnes (dont moi :p) ont besoin d’expérience directe pour mieux se comprendre et situer ses limites. On peut être autant philosophe ou intelligent que l’on veut, si à quelque part on n’est pas dans la norme, on ne peux pas absorber aussi bien les expériences des autres, peut-être? Et le voyage du coup, nous balance en plein dans l’expérience directe!
      Bises!

  4. Hello Corinne,
    Merci pour ton article. Je pense qu’il sera utile au plus grand nombre. Pour ma part, je dirai que les troubles dont tu parles correspondent assez bien aux miens, spécialement le « entendre tous les conversations autour de moi », la différence peut-être c’est que j’y ai fait face depuis l’âge de 9 ans et pour moi le voyage salvateur puisqu’il me laisse plus de temps à moi (certains psychologues appellent cela être dans sa grotte). Je ne suis plus du tout un flippé alors que j’aurai du probablement en être un.
    Mes astuces :
    1. Sortir du bruit du mental et faites, essayez, expérientez
    2. Déconstruisez, regardez votre (mauvaise) expérience et sortez les modèles
    3. Synthétisez votre expérience. Trouvez vos zones de confort

    A lire the first 20 hours, how to learn anything fast de Josh Kaufman

    Cheers

    • Salut Julien! Oh, un nouveau nomade sur les routes? Je me réjouis de lire tes articles! Merci pour tes conseils que je trouve très justes. J’étais une flippée et le voyage a été salvateur pour moi aussi (je suis d’ailleurs toujours un peu flippée sur certains trucs, mais le voyage aidant aussi à accepter ses limites maintenant je suis en mesure d’assumer). :)

  5. Et bien je dois dire une chose. Quand j’ai vu ton article sur Facebook, j’ai vu le titre donc et je me suis reconnu dans le titre. A quelques différence néanmoins.

    Cela fait des années que je me considère comme hypersensible, mais d’une manière totalement différente de la tienne.

    J’ai laissé mes  » démons  » derrière moi il y a bien longtemps et aujourd’hui, en comparant ce que tu écris, je vis exactement tous les aspects positifs inscrits dans ton articles… Je peux suivre plusieurs conversations et m’interesser à des bruits  » lointains  » en même temps, alors que je serais entouré de foule, ma vue à toujours été excellente, etc.

    Là ou je me suis déclaré moi même hypersensible, c’est quand j’ai compris que ma façon d’aborder les choses de la vie était plus intense que le reste des gens.
    Je suis en mesure d’analyser aujourd’hui le comportement des gens dans leur façon de marcher, leur façon de regarder, et bien sur de parler. C’est un effet quasi immédiat la plupart du temps.
    C’est comme si, à ce moment là, je prenais du recul, de la hauteur et que j’observais en comprenant très vite une personne, une situation.

    En voyage, je ne suis pas incomodé par ça, c’est justement un bonus pour moi. Je peux me poser à Times Square à 18 heures, sur les marches rouges et regarder passer les gens pendant un moment et en suivre l’évolution tel un time lapse dans ma tête. J’analyse tout, tout le temps.

    Voilà ou je place mon hypersensibilité. La seule vraie différence que je note avec toi, c’est que, comme je l’ai dis, mes démons sont loin derrière moi ,et que je ne souffre de rien.
    Je ne me rappelle pas vraiment il y a combien d’années j’ai souffert de quelques chose, j’ai réussi à creer un mode de pensée  » Pain Free « , sans douleur et dans ma vie de tous les jours, ou en voyage, je ne tire que des bonnes choses de cette condition.

    Je crois tout de même qu’une chose négative m’a été apportée par mon hypersensibilité et je sais pas si ça aura du sens pour toi en tout cas, je crois que mon hypersensibilité m’a désensibilisé de certains choses.
    Je veux dire que le fait d’être extra sensible à certaines choses m’ont amené à les comprendre bien plus que la moyenne des gens et que j’ai réussi à les gerer pour que je n’y sois plus sensible. Ca crée comme un certain détachement a des choses, que la plupart des gens ne peuvent pas ou n’arrivent à se passer, se séparer.

    C’est peut-être pas clair ce que je dis, mais voilà.
    Je me suis quelques peu reconnu dans ton texte, et je te remercie de l’avoir partagé.

    Bonne soirée, Kevin.

    PS: Voici un mini article, dans l’article eheh.

    • Punaise Kevin, merci pour ton partage, effectivement c’est tout un article ;)
      J’ai voulu en rester aux sens dans cet article parce que ça me paraissait plus tangible. Je ne sais pas jusqu’à quel point je vais en parler dans le future, car je crois que je ne suis pas aussi confortable que toi avec ça. Mais j’ai moi aussi cette sur-analyse constante de tout, et elle me permet effectivement de détecter des choses incroyables, d’avoir des souvenirs à mille dimensions et de comprendre très vite avec quelles personnes je peux avoir quel degré d’amitié ou de discussion.
      Malheureusement, je n’en suis pas au « pain-free ». Insomniaque, je suis souvent torturée par les trop nombreuses informations qu’en situation de fatigue et de stress je n’arrive pas à processer comme je le devrais. Je travaille à me créer un environnement « pain-free » aussi, c’est une jolie expression! Je sais où sont les choses qui me posent problème et j’essaie de les résoudre doucement, avec patience, car malheureusement, ce n’est pas possible du jour au lendemain.
      Je ressens aussi le détachement, je le vois comme quelque chose de très salutaire. J’avais écrit avant mon départ, il y a 7 ans, un article là-dessus. Je crois que je n’étais alors pas encore en mesure de le comprendre pleinement, mais aujourd’hui c’est clair comme de l’eau de roche. De nombreux amis ont très mal vécu mon détachement, pourtant si différent de toute mon affection… Pour moi aimer vraiment, c’est libérer le poids de l’autre de toutes nos attentes. Et ça, on ne peut y arriver qu’avec le détachement. Mais c’est pas toujours facile, encore aujourd’hui.
      Encore merci pour ton partage :)

  6. Merci pour ce témoignage très complet! Du coup, j’ai envie de te demander quels sont les pays qui t’ont paru le plus compliqués à gérer par rapport à ton hypersensibilité?

    • En fait, cela dépend vraiment dans quel état d’âme je suis, car sans stress et sans inquiétudes, j’ai toute l’énergie nécessaire pour gérer. Mais je me souviens d’un gros moment de crise à mon arrivée à Bangkok après quelques mois de vadrouillage un peu partout en Asie, j’étais à bout de nerfs, seule, la pollution et le chaos m’ont mise complètement à plat et je m’en suis enfuie au plus vite. Bien plus tard, à l’occasion de divers retours (et d’un an de vie au nord de la Thaïlande), Bangkok m’est devenue tout à fait normale, bordélique certes). Sinon généralement, les destinations trop touristiques me sont difficiles à gérer et je les évite: tout ce monde qui veut te vendre quelque chose, t’emmener quelque part, ou retirer quelque chose de toi, j’arrive très mal à gérer. Trop de contacts, de sollicitations, de gens qui te t’interpellent, te touchent, te montrent des choses. J’en vois et sens bien déjà assez par moi-même, ouf! Au Sri Lanka par exemple, j’ai eu beaucoup de mal avec ça. En ce moment je suis à Barcelone et le BRUIT sans fin dans les quartier populaires me siphonne le moral. Sans parler de l’odeur de pollution partout.

  7. Mélanie

    Bonjour!

    Le titre de ton article m’a interpellé.
    Depuis quelques temps je m’interroge sur la possibilité d’être hypersensible.
    Lorsque je regarde les descriptions de cet état, souvent mes caractéristiques correspondent.
    Mais comment savoir si l’on fait erreur? Peut-on se faire diagnostiquer? Par qui?

    Comment as-tu su à 100% que tu étais hypersensible?

    Merci pour ton article,

    Mélanie

    • Hello Mélanie, je ne suis pas médecin, ni diagnostiquée « hypersensible », donc je ne veux pas te dire de bêtises, mais c’est généralement lié à d’autres caractéristiques ou troubles. La meilleure idée est de trouver le bon psy, celui avec qui tu te sentiras à l’aise et qui mettra dans tes mains les outils qui t’aideront à décrypter tout ça! De mon côté, je me suis sentie très différente et pas à ma place toute ma vie, sans longtemps réussir à mettre le doigt sur ce que c’était. Je sais que c’est relié à quelque chose de plus large, mais sans diagnostic, je ne me permettrai pas d’en parler, d’où ma limitation à l’hypersensibilité sensorielle dans cet article. Comment j’ai su, c’est compliqué, c’est tout une suite d’événements qui m’a amené à cette compréhension. Mon goût, mon odorat, ma distraction aux bruits et le reste, je les ai suffisemment confrontés au reste du monde pour que la différence en devienne évidente. Sans parler, bien sûr, des réactions physiques incontrôlables à cela (les crises et blocages dont je parle).

  8. Mince, en te lisant, j’ai l’impression qu’il y a peut-etre quelque chose pour moi. Je suis venue te lire car je te lis régulièrement, mais ta description fait sens sur ma propre approche des choses.
    Les odeurs par exemple, le parfum d’une personne dans la rue peut me faire perdre le fil d’une discussion. Les bruits, mon cauchemard. On m’a toujours dit que j’étais sensible au bruit car une mobylette trafiquée était passée juste à côté de moi quand j’étais bébé et que j’avais pleuré pendant des heures. Je pensais à une sorte de séquelles. J’ai appris à gérer le bruit en vivant sur Paris à l’aide découteur.
    Il faut vraiment que je me renseigne et que je creuse.
    Côté voyage, je sais que l’idée d’aller en Inde et en Chine me terrifie à cause du monde partout et du bruit. Le Japon ne me posait pas de problèmes car je savais qu’il y avait beaucoup de monde mais que personne ne se touche jamais.
    Mince, je crois que je vais passer la nuit à y penser maintenant !

    • Coucou Tiphanya, mince, j’espère que ça ne va pas trop te perturber! Ou au moins, que si ça te perturbe, ça te permette de mieux te sentir avec au final :) C’est pareil pour moi, les parfums dans la rue, ça me coupe presque toujours, dans le fil de mes pensées, dans une discussion. Des fois je pédale même à parler s’il y a un bruit qui me dérange.

      • J’ai beaucoup cogité, mais en fait je suis ravie d’apprendre que je ne suis pas juste une emmerdeuse qui ne fait aucun effort. Ce que j’ai entendu toute ma vie. Car j’ai fait des efforts, mais personne n’y croyant jamais, il y a des fois où tu te demandes si tu n’es pas fainéante…
        Bref, après quelques jours de réflexion et de recherche, je me sens mieux.

        • Je suis contente de lire que tu te sens mieux :) Beaucoup de gens pensaient que je « rentrerais en courant » d’Asie, ou me demandaient comment j’allais survivre, vu comme je suis difficile avec la bouffe. En réalité, je peux manger n’importe quoi tant que c’est bien cuisiné et… j’ai pris le plein de kilos en Asie, haha.

  9. Merci pour ce témoignage, utile aussi pour comprendre certains comportements de compagnons de voyage ;-)
    Les HUG (hôpitaux universitaires de Genève) ont developpé une app iOS et Android pour la gestion des émotions. Emoteo https://itunes.apple.com/fr/app/emoteo/id961175516?mt=8
    Je n’ai pas testé, mais ça peut aider en situation de crise!

  10. Je ne m’attendais pas à cet article. Merci.

    Je suis probablement le même type d’hypersensible que Kevin. J’en retire surtout du positif (et, comme toi, je ne voudrais pas changer cet état qui me donne un sentiment de présence aux choses, de conscience) mais cette hypersensibilité me coupe aussi de certaines émotions, trop intenses, trop difficiles à gérer. Découvrir, il y a quelques années, que j’étais hypersensible, comprendre certains de mes mécanismes internes, certaines de mes peurs, m’a beaucoup aidée (il y a encore un long chemin pour retrouver certaines émotions, mais j’avance).

    Le voyage, lui, me facilite les choses. Etrangement. Je ne vis pas du tout les stimuli du voyage de la même manière, au contraire. C’est probablement difficile à expliquer. Un peu comme si j’avais appris à assimiler les stimuli à l’étranger comme quelque chose de normal et qui, dès lors, ne me sur-stimulent plus. Je suis alors plus ouverte. Une étude avait été faite sur le sujet (pas spécifiquement du voyage mais des stimuli extérieurs). Des hypersensibles manquant de confiance se sentaient plus à l’aise dans une conversation avec un inconnu lorsque cette conversation était perturbée par des facteurs extérieurs (trop de bruits par exemple). La raison évoquée était qu’ils attribuaient leur manque de confiance à ces facteurs extérieurs et non à des facteurs internes. C’est étrange comme c’est en porte-à-faux par rapport à ce que tu racontes de ton expérience. Est-ce que tu t’y reconnais pour autant ?

    • Merci pour le partage Julie! C’est intéressant ce que tu dis sur ton rapport au voyage. Plus bas quelqu’un me demandait quelles étaient les destinations qui avaient été les plus difficiles et j’ai dû chercher un moment pour comprendre qu’elles m’ont été difficiles plus parce que j’étais dans un état de stress, d’angoisse que de par les stimulis. En situation d’angoisse tous les stimulis me sont un poids. Mais depuis le retour en Europe ça s’est compliqué. Je ne sais pas s’il y a un facteur psychologique comme ça qui me désinhiberait quand je me sens assez loin d’où je viens (de l’origine de mes problèmes donc) et donc moins angoissée, c’est une piste à creuser.
      Je n’ai jamais réfléchi à cette question du bruit, de la confiance et de la conversation avec les inconnus, je sais par contre que si certains événements me stressent (comme un festival ou événement chaotique et bruyant, par exemple), je bois un bon whisky avant, et ça aide plutôt pas mal à « assoupir » mes sens (c’est pas glorieux mais bon, c’est occasionnel!). Mes problèmes de confiance se sont apaisés depuis quelques années, donc à priori qu’il y ait du bruit ou non durant la conversation ne devrait pas affecter ma confiance, par contre s’il y a du bruit je vais décrocher, me distraire plus facilement, ou emmêler mes mots, ou raconter n’importe quoi et là ensuite, je risque de perdre confiance parce que je ne me sens pas en contrôle de moi-même. C’était un gros pavé réfléchi à haute voix :p

  11. Gaëlle :: Enjoy being yourself...

    Bonjour Corinne,

    Merci pour cet article sur l’hypersensibilité.
    J’ai pris conscience de mon hypersensibilité il y a quelques années déjà, et j’ai décidé de m’orienter professionnellement vers l’accompagnement des personnes hypersensibles et atypiques.

    Ton expérience du voyage est très inspirante et je me permets de partager ton article sur mon site. Je souhaite réellement qu’au travers d’expériences comme la tienne, certains puissent prendre conscience de ce magnifique potentiel.
    L’hypersensibilité n’est pas forcément une fatalité. A partir du moment où on a reconnu cette particularité et qu’on a appris à l’apprivoiser, on peut vivre de réels moments de bonheur extatiques.

    C’est important, comme tu l’as très bien exprimé, de se focaliser sur le positif que peut apporter l’hypersensibilité, c’est un réel don à révéler.

    Au plaisir de suivre tes prochaines aventures,

    Gaëlle :)

    • Bonjour Gaëlle, c’est super comme démarche! Il nous en faudrait plus ;) Un immense merci pour le partage et pour avoir laissé une trace par ici! À bientôt sur la toile!

  12. Marielle HARMENIL

    Bonjour Corinne,
    je viens de lire ton article suite au partage de Gaelle sur son site.
    Oui l’hypersensibilité c’est un « mode de vie ».
    Au départ on ne sait pas trop pourquoi on est différent, mais une fois qu’on a compris qu’on n’est pas anormal on va de l’avant.
    Ill faut s’avoir adapter les évènements à soi et non l’inverse pour se sentir bien lol.
    C’est tout un art.
    Une fois maîtrisé, cela fait de nous, les hypersensibles, des gens extraordinaires.

  13. Denis de Montréal

    Bonjour,
    Je viens de tomber par hasard sur votre blogue via votre bucket-liste (bon papier, merci), d’abord, puis sur celui-ci.
    Avez-vous lu « L’enfant surdoué » de Jeanne Siaud-Facchin ? (Je l’ai lu pour ma fille de 15 ans). C’est un petit livre de vulgarisation écrit par une chercheuse, pas une écrivaine. Sa plume est parfois déroutante, mais l’information est là.
    Le sur-développement des sens et le mode de pensée atypique sont au centre de son propos.

    Bonne route.

    D.

  14. Bonjour Corinne,
    Je m’interrogeais justement sur mon hypersensibilité (et je souhaite d’ailleurs en écrire aussi un article dessus) et en faisant quelques recherches je suis tombée sur ton article. Je te remercie d’avoir écrit ce billet, qui me parle en certains points mais qui me prouve aussi que l’hypersensibilité est vécue de façon bien différente par chaque personne.
    En l’occurence dans mon cas, j’ai l’impression que mon hypersensibilté se traduit principalement à travers mes émotions et mon « psychisme » et pas vraiment par mes sens (bien que ton analyse me donne quelques réponses quant à ma « phobie » des bruits détonnants). Je me retrouve dans ce que tu dis quand tu parles de ton rapport aux autres, de la même façon, je me suis toujours un peu sentie différente bien que très intégrée et plutôt sociable. Cependant, mon handicap à moi ce sont mes larmes, tous les jours, pour tout et pour rien, j’ai au moins envie de pleurer 3 à 5 fois par jour… parfois (souvent) sans raison, devant des inconnus et des amis, dans l’intimité ou pas. Nous partons en tour du monde en Mars et je me pose vraiment la question de la façon dont je vais réussir à gérer mes émotions tout au long de ce voyage !

    • Hello Laure, je compatis pour les larmes. J’ai des périodes où tout m’est particulièrement douloureux, je n’en arrive pas aux larmes mais je peux être agressive ou totalement déprimée et cynique. Je pense qu’une fois le voyage lancé, tout devient plus simple, tu es en train de vivre un rêve, et tu relativises beaucoup plus les choses. Surtout si vous êtes deux, tu as une épaule de plus (enfin, deux ;). Dans tous les cas, j’ai pour ma part appris à demander de l’aide, du réconfort et simplement à accepter que l’on me soutienne et me console (ou juste me supporte, lol) durant mes épopées. Il y a des gens formidables vraiment partout!

  15. Sarah Zwati

    Hello hello!

    Merci Corinne pour ton site que je parcours depuis un moment déjà… sans commenter…
    Cet article qui me concerne également m’incite enfin à écrire!

    Je me qualifiais d’ « ultra-sensitive »… & j’ai découvert que le terme officiel est « hyperesthésique ».
    Notre « hypersensibilité » ou « ultra-sensitivité » ou « hyperesthésie » donc, viendrait du fonctionnement de notre cerveau. Comme il existe des droitiers (majoritaires) & des gauchers, il existe des « cerveaux gauches » (majoritaires) & des « cerveaux droits » : c’est physiologique & ça n’a rien à voir avec notre main prédominante. La découverte est assez récente & attribuée au neurophysiologique Roger W. Sherry, prix Nobel de médecine en 1981 pour ses travaux sur les types de fonctionnement des hémisphères cérébraux.

    Les ouvrages de Béatrice Millêtre & de Cristel Petitcollin peuvent apporter un complément d’information sur ce sujet. (Même si je ne les ai pas trouvés transcendants… un niveau d’exigence élevé serait aussi une de nos particularités…?!)
    Je n’adhère pas aux substantifs de « haut potentiel », « douance », etc. Le terme de « cerveau droit » ou « neuro-droitier » me semble plus objectif.

    Joyeuse Chrismas’ full moon à tous!

    • Hello Sarah et merci pour ce premier commentaire des plus étoffés et informatifs ;) Je ne connais pas ce dont tu parles, je n’avais jamais entendu parler de « neuro-droitiers », j’irai lire! (et oui, pour les exigences, haha). Bonne fin d’année à toi :)

      • Sarah Zwati

        Hello Corinne! Merci pour ton commentaire, & tes qualificatifs quant au mien ;)
        Au plaisir de lire tes impressions après lecture!
        Merci pour la bonne fin d’année, je te souhaite de même! :)

  16. C’est compliqué d’être hypersensible, mais qu’est-ce que c’est agréable aussi. J’en ai pris conscience, il y a 3-4ans, et depuis j’ai une foule de souvenirs qui reviennent, comme un puzzle qui se reforme…
    J’avais jusque là appris le contrôle de moi (à l’excès) pour y faire face, mais comprendre le pourquoi est tellement intéressant.
    On trouve peu d’articles de qualité sur le sujet. Merci ;-)
    Pour celui-ci, mais aussi pour les autres articles d’ailleurs… Ton style, ta précision et l’humilité qui transpirent de tes écrits font que venir te voir est toujours un moment très agréable !
    Au plaisir de te lire encore pendant au moins encore 7 nouvelles années ;-)
    Antoine

  17. Hello Corinne,

    ton article est super intéressant, et les commentaires qui suivent sont très riches !!! avec cet article,c’est comme si, le temps d’une publication, tu avais créé une petite communauté de personnes pouvant s’exprimer autour d’un sujet … sensible … (oui, c’était facile)
    Beaucoup de choses ont été partagées sur cette page, qui me parle bien … je vais y apporter ma petite touche … moi aussi je sais que je suis hypersensible (mais pas tout à fait comme toi, ou comme d’autres ici, ou comme d’autres personnes encore, que je connais …) et je n’en ai jamais vraiment souffert psychologiquement car au fond de moi, je le revendiquais … mais c’est vrai que cela m’a aussi coupée des autres souvent … (je passe les détails, ici, personne n’a commencé à raconter sa vie …) Aujourd’hui, je continue à revendiquer (intérieurement) cette sensibilité, et à faire aussi des efforts, pour ne pas être perturbée: ça devient comme un exercice de maîtrise de soi, à condition de ne pas m’exposer à ce que je juge de toute façon comme nuisible … (je passe les détails)
    La petite pierre que je voulais apporter ici, et qui va dans le sens probablement de ce qui est évoqué en filigranne dans certains commentaires, est que cette hypersensibilité sensorielle peut s’accompagner d’une forme d’extra-lucidité: claire-audience, claire-voyance, capacité à communiquer avec l’invisible, avec les animaux, avec les arbres …c’est aussi la sensibilité des guérisseurs-guérisseuses, qui sentent avec leurs mains (et les autres sens) ce qui est perturbé dans le(s) corps d’une personne …
    En chamanisme par exemple (néo-chamanisme), lors de rituels, les personnes qui entrent en expansion de conscience ne doivent pas être touchées tellement leur sensibilité est accrue, et que le moindre attouchement peut-être vécu comme un choc électrique …
    Le contact avec la nature est pour moi un grand remède, surtout de nuit … j’aime me promener la nuit, car là je peux « ouvrir » tous mes sens en sécurité … marcher (sans lampe ça va de soi !!!) en ouvrant grand mes oreilles, mes narines, et ce qu’on appelle communément le sixième sens …
    Ton blog est extra, et grâce à toutes ces personnes qui ont laissé un commentaire, je sens que je vais faire encore de belles découvertes nomades …

    • Hello et merci d’avoir partagé ce gros bout de vécu (et désolée, j’arrive un peu en retard, ouf). Je suis bien d’accord pour le côté maîtrise de soi et exercice, je pense qu’on n’a pas le choix que d’apprendre un peu de rigueur à travers nos expériences, pour se préserver.
      Je suis une personne très sceptique, mais j’aime laisser la porte ouverte à toutes sortes de choses et j’aime à croire que oui, certaines sensibilités sont tellement développées qu’elles apportent des choses peu compréhensibles au monde.
      La nature est aussi devenue mon remède, ma foi, dans les situations où je suis complètement surchargée, elle me guérit, ou du moins me permet de continuer à fonctionner :)

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Partagez cet article avec un ami