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Sur un coup de tête, vers Istanbul

Publié le • Dernière mise à jour:
J’ai abandonné la Bulgarie un peu sur un coup de tête. L’humeur n’était pas au beau fixe à Bourgas en cette saison, et Istanbul, si proche (seulement quelques heures de bus… mais beaucoup trop d’heures de train) me faisait de l’oeil. Encore une capitale (et un pays) inconnus!
De la Bulgarie à Istanbul en bus

Chevaux rebelles vers la frontière bulgare

C’est la suite de: Bords de mers bulgares, silencieux

La frontière turque était tout proche. Sur la route, des chevaux ont brièvement bloqué notre passage, mais sans dommage collatéral, heureusement. Le passage de la frontière a été particulier: un premier contrôle du côté bulgare, puis un deuxième du côté turc. Tous les passagers ont dû aligner et ouvrir leurs bagages sur des bancs pour une inspection rapide. Je ne comprends rien à rien à ce qui se dit ou de ce qu’il faut faire, mais je copie les gestes du monde et tout se passe bien. Voilà, mon passeport est désormais orné d’un nouveau tampon et j’entre en terres turques.

Tampon turc sur mon passeport

Tampons turcs sur mon passeport, à droite.

C’est fou comme le paysage change juste après la frontière. Tout devient de suite plus rocailleux. Les chevaux deviennent des chèvres. La nuit tombe rapidement et moi avec elle: la lune est minuscule, comme celle sur le drapeau national. À Ciorlu, le premier arrêt du bus, je vois un homme qui porte un paquet de simit (les bretzels turcs, en quelque sorte) en équilibre sur sa tête: c’est mon premier contact avec la Turquie: j’y suis. Au départ, quelqu’un lance de grosses pierres sur notre bus. Le conducteur s’arrête pour regarder, mais rien, nous repartons encore une fois sans accroc.

Simit à Istanbul

Un vendeur de simit, à Istanbul

À la gare routière de Byampasar (d’une énormité difficilement descriptible) je suis complètement déroutée. Je trouve facilement l’entrée du métro, après avoir passé les guichets de dizaines de compagnies de bus différentes. Et là, je suis projetée dans le passé: je ne peux pas acheter mes tickets de métro avec ma carte de crédit. Il y a trois types d’automates différents. Je fais deux fois le tour de la gare pour trouver un bancomat et puis banco!
Reste à comprendre le fonctionnement desdites machines qui, lorsque l’on sélectionne la langue anglaise hurlent des explications sonores à la chaîne (ça va, tout le monde a bien vu que j’étais totalement paumée, pas besoin d’en rajouter)! Bon, il y a la Istanbulkart rechargeable et il y a la carte pour trois trajets. Sauf qu’elle ne sont plus disponibles dans aucune des machines (et plus tard, je n’en trouverai aucune disponible dans toute la ville). Et l’entrée simple, comment ça se passe alors? Ah, il y a une machine à jetons. Bien sûr, je n’ai qu’un énorme billet tout frais du bancomat alors quand je l’insère, je me ramasse une collection de pièces de une lira turque (de la taille d’une pièce de 2€) et j’ai l’impression d’avoir gagné à la machine à sous, yay!

Börek et çig pide, Istanbul

Mes premiers contacts gustatifs avec la Turquie: börek au fromage (gauche) et çig pide aux patates

Une fois dans le métro, tout se passe comme sur des roulettes: clair, facile. Istanbul, la ville où la galanterie fait que, pour une fois, on considère mon arsenal de voyageuse pas légère du tout pour m’offrir une place assise. Pour une fois, je ne vais procurer aucun bleu à la foule avec ma maladresse et je n’aurai pas de crampes au poignets à force de lutter contre la gravité (qui tient décidément toujours le dessus).

Je déboule à Taksim, qui semble être l’arrêt le plus proche de mon airbnbCihangir). Je n’ai qu’une quinzaine de minutes à marcher sur les trottoirs étroits et cabossés: facile encore! Les passages piéton par contre, c’est un petit challenge. Ils ne servent pas à grand monde on dirait. Le concept est de se jeter sur la route dès qu’on aperçoit une ouverture, avec le plus grand calme.

C’est fou comme l’on s’habitue vite au confort de nos autres villes. J’ai connu bien plus désorganisé et chaotique que ça, et pourtant je suis déstabilisée comme s’il s’agissait d’un univers tout nouveau. Mais c’est grisant, finalement. C’est une petite dose de challenge temporaire que j’aime saisir, le temps que je me réadapte à nouveau (ce qui, je le sais, se fera très vite).

Sur le chemin, moult kebabs. Je salive, je suis enfin au pays du kebab. Je vais me remplir la panse comme le coeur, assurément.

De la Bulgarie à Istanbul en train?

Oui, c’est possible mais peut se révéler un brin compliqué. Toutes les routes menant à Istanbul, avec plusieurs connexions vous devriez pouvoir y arriver de n’importe quelle ville en Bulgarie en moins de 24h. Le passage de la frontière reste tout de même compliqué (et fort changeant, comme vous pouvez le constater sur cette page de l’excellent site de voyage en train seat61). Au final, si vous êtes dans le centre ou le sud de la Bulgarie, vous réaliserez peut-être comme moi qu’il est tellement plus simple de prendre un bus pour quelques heures (4-6 heures). J’ai opté pour la compagnie Nisikli à Bourgas, voyage parfait et confortable avec pour seuls accrocs ceux mentionnés dans l’article. Il y a un office à Bourgas (qui parle l’Anglais un jour sur deux) et il est situé juste en face de l’arrêt de bus du départ.

Lire la suite: Istanbul, pour tous tes sens

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Par Corinne Stoppelli

Je suis Corinne, un petit oiseau libre. Sans domicile fixe depuis 2010, je sillonne la planète à la recherche d'inspiration et de points de vue différents. Sur Vie Nomade, je partage mon regard sur le monde, le temps et le changement, d'une plume sincère et d'un objectif curieux et ouvert. En savoir plus?

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(4 commentaires)

  1. CarolineB dit :

    Oh, ma ville préférée! Je suis tellement amoureuse de cette ville! J’espère que tu l’aimeras, c’est une merveille sans fin Istanbul. Malheureusement tu y es a un très mauvais moment… J’espère que tout va bien pour toi.
    J’y retourne 3 semaines en mars. En ce moment je suis a Inari en Finlande, il fait -30…
    Toutes mes pensées pour toi. La ville doit être sous le choc…

  2. Tiphanya dit :

    Moi je n’ai pas du tout accroché avec Istanbul. Trop bruyante, trop déroutante, pas une minute de répis. Même manger un kebab était compliqué. Je n’ai pas réussi à me sentir à l’aise et à profiter.
    C’est aussi la ville où ma fille a découvert la peur des voitures. L’obligation de donner la main tout le temps (elle a fêté ses deux ans juste après avoir quitté la ville), l’impossibilité de faire confiance aux trottoirs ( !!! ) Par contre, tout comme moi elle a adoré les kebabs et les bretzels turcs fourré à la vache qui rit turc.

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