Histoires
d'ailleurs

Nantes la différente

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Carnet d’un voyage à Nantes.

Je n’ai pas dormi. Je n’ai pas dormi parce qu’on a passé la nuit à se raconter nos histoires de survivants. Le matin il a fallu se lever très tôt, madrugar, comme ils disent par ici.

Avec Xavi, je me réveille toujours au doux son de l’espagnol, dans un état d’esprit un peu confus. C’est une douce piqûre de rappel: je me trouve dans un univers nouveau, qui ne m’appartient pas encore tout à fait. Mais cette fois-ci, c’était plutôt au son du Harlem Shake, car on avait convenu d’un saut de lit brutal histoire d’être efficaces. Et efficaces nous fûmes.

C’est qu’après quatre mois à Barcelone, à me coucher aux petites heures (cinq heures du matin), à me lever dans l’après-midi (entre treize et quatorze heures, puis à prendre mon déjeuner à l’heure barcelonaise +1, comme dirait mon coloc’ Pierre), c’est-à-dire entre seize et dix-huit heures… programmer une sonnerie à sept heures du matin relevait d’un challenge presqu’insurmontable.

Nantes vue d'en-haut

Nantes vue d’en-haut

Xavi me dépose, moi et mon état second, à l’aéroport. Je regarde sa voiture s’en aller et puis je file faire mon check-in, avant de m’affaler sur un banc, sur la terrasse intérieure du Prat, juste en face d’un café. Café ou pas café? J’ai pris la résolution de ne plus en boire pour m’assurer un meilleur sommeil, mais il appelle mon corps, c’est difficile. Bon, je prendrai un déca et puis je m’endormirai sur ce banc jusqu’au moment d’embarquer.

J’arrive à Nantes en un clin d’oeil. Même pas le temps de réaliser. Dans l’avion, j’ai sûrement dormi la bouche ouverte. L’aéroport de Nantes est minuscule: une seule courroie à bagages pour tous les vols.

Je n’attends pas pour aller me perdre dans la ville. J’espère me fatiguer un maximum pour retrouver un sommeil normal cette nuit.

Passage Pommeraye à Nantes

À Nantes c’est un peu le choc culturel. À peine une heure et demie d’avion, et l’on saute d’un univers à un autre. Tout a l’air propre, blanc, brillant. Je ne sais pas, il y a une classe toute française qui émane de cet endroit et de ses gens, qui se tiennent très droits et qui marchent très droit aussi, qui font attention à ne pas déranger les autres passants.

« Mais arrête de te planter au milieu de la route, les gens après doivent te contourner! » lance un garçon à une jeune fille. Scénario des plus improbables à Barcelone, où il faut être un artiste de l’esquive. Je me surprends à justement les contourner d’un peu trop près, fruit d’un entraînement nécessaire dans la capitale catalane. Quelques passants prennent un peu peur ou semblent s’en offusquer. Je dois trop vite me réadapter à une réalité différente.

Vers dix-sept heures j’essaie de trouver quelque chose à manger. Mission quasiment impossible. L’heure barcelonaise ici, ça n’existe pas. Les restaurants ferment vers quatorze ou quinze heures. Heureusement il reste toujours un kébab pour les gens décalés comme moi, pour ceux qui ont fait du jetlag une espèce de style de vie. Ah, ma Barcelone.

Au soir, je me promène avec une jeune femme de Manchester. Elle s’étonne du monde dans les rues. C’est vrai que les terrasses de Bouffay sont terriblement vivantes de nuit. Moi, je n’y avais pas prêté attention car je viens de la ville qui ne dort jamais. Mais pour quelqu’un d’ailleurs, c’est forcément frappant.

« Quel jour est-on? Mardi? Pourquoi tous ces gens sont dehors, ils ne travaillent pas demain? »
Que la France est curieuse, vue du dehors.

Les Machines de l'Île, à Nantes

Les Machines de l’Île, à Nantes

Nantes la nuit, Place Graslin

Nantes de nuit, Place Graslin

Pierre me dit que Nantes, c’est un peu le sud dans le nord de la France. Je veux bien le croire. L’atmosphère est à la fois douce et vivante, et l’on en oublie la fraîcheur de la température, mais peut-être aussi parce que le soleil semble toujours là, caché derrière un rideau de pluie occasionnel.

Nantes la nuit, crêperies

Nantes de nuit, les crêperies

D’autres balades à Nantes…

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Par Corinne Stoppelli

Je suis Corinne, un petit oiseau libre. Sans domicile fixe depuis 2010, je sillonne la planète à la recherche d'inspiration et de points de vue différents. Sur Vie Nomade, je partage mon regard sur le monde, le temps et le changement, d'une plume sincère et d'un objectif curieux et ouvert. En savoir plus?

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(14 commentaires)

  1. Megz dit :

    Très belle article sur ma Nantes bien-aimée. J’espère que ces quelques jours te permettront de mieux la découvrir et apprécier tout le charme à la nantaise. Je pense que vous serez bien guidée à travers le TBU mais si tu as besoin de quoique ce soit sur Nantes, n’hésite pas.

  2. Avec un nom de famille breton comme le mien j’ai honte mais je ne connais pas la région ! C’est certes une ambiance à l’opposée de celle de Barcelone mais je pense que tu y passeras un chouette moment, et puis profites bien des spécialités

  3. Tiphanya dit :

    Je n’y ai passé qu’une journée avec ma fille et l’objectif était de voir l’éléphant. Et finalement je me suis trouvée « vieille » pour Nantes. J’ai eu des envies de balade en solo, de pause en terrasse et de shopping.

    • Vieille pour Nantes? Intéressant, elle me paraît plutôt intemporelle, mais qui sait. J’adorerais voir Nantes (et le reste du monde!) à travers tes yeux et ceux des autres histoire de « savoir » les différents ressentis!

  4. Meg dit :

    Bonjour,

    Ravie que Nantes t’ait plu, c’est vraiment une jolie ville avec pleins de choses à découvrir.

    Je vis à La Baule, sur la côte à 1h de Nantes.

    Si jamais tu veux t’y rendre, tu es la bienvenue et n’hésites pas à me contacter je serais ravie de te faire découvrir notre jolie station balnéaire.

    Bonne journée à toi

  5. Louise dit :

    Bonjour, séquence nostalgie car j’ai habité Nantes, il y a de plus de 14 ans. J’ai adoré cette ville, son effervescence culturelle, ses habitants. J’y ai passé de superbes moments. J’aimerais bien y retourner, j’ai des amis qui y vivent encore. En tout cas, revoir ses photos m’a fait beaucoup de bien, merci et à bientôt pour une prochaine balade avec vous !

  6. Ce texte a un petit ton rêveur, il est comme suspendu au dessus de l’espace-temps… J’aime bien ça :)

  7. Caro dit :

    Très bel article ! Il aurait pu être écrit par un nantais. Vous avez bien saisi l’âme de cette ville.

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