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Choc culturel: dix jours dans la cité-dortoir de Yao, au Japon

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Le Japon, ça a été mon plus grand choc culturel. C’était pourtant une incroyable immersion, à l’aide d’un hôte japonais qui m’a emmené vivre la vie comme il la vivait. Et justement, à travers mes nouvelles relations très japonaises, j’ai pu découvrir les facettes les plus intenses (et aussi les plus étranges) de la vie japonaise. J’y retournerai un jour, histoire de voir si, préparée, je m’y sentirai plus à l’aise.

28 juin 2011. C’est le grand moment. Un de mes plus vieux rêves est sur le point de se réaliser: voir le Japon! Je m’envole de Taipei pleine d’émotions… Toutes mes rencontres passées en Malaisie et à Taïwan m’emplissent, et les attentes japonaises m’angoissent quelque peu. À l’arrivée, je suis bouleversée: le sol japonais? Yatta! Un océan japonais, une maison japonaise, un train japonais, wow.

Dans l'avion vers le Japon

Dans l’avion vers le Japon

Toucher enfin au Japon

Cela faisait plus d’un an que j’étais en Asie, alors pourquoi ne pas avoir couru au Japon dès que possible? Et bien d’une part, le Japon coûte sensiblement cher. D’autre part, les rêves, ça ne vous fait pas un peu peur? Et puis il y avait ma petite vie à Chiang Mai.

À Singapour avec Cristine

Le Japon coïncidait parfaitement avec mon besoin de reprendre la route et j’avais décidé de me donner les moyens d’aller au bout de ce projet.

J’ai commencé à tracer des plans, planifié quelques pays à explorer sur la route qui me mènerait aux îles promises: Singapour, la Malaisie, côté Bornéo et Taïwan, dont je ne savais strictement rien. Ce trajet durerait presque deux mois et s’accomplirait en la précieuse compagnie d’une femme formidable, Cristine, nomade originaire des Philippines. Encore un peu naïve malgré mes péripéties précédentes, je ne réalisais pas que j’ajoutais à mon état mental (plutôt fragile) trois dépaysements majeurs. Se glissèrent, entre toutes ces aventures, mille rencontres incroyables, frictions, rapprochements et adieux, toujours…

C’est que quitter ma jolie maison thaïlandaise, vendre le scooter avec lequel j’avais tracé plus de 20’000 kilomètres, me débarrasser de tout (encore une fois), accueillir quelques amis d’ailleurs et surtout dire au revoir à tout le monde, etc. C’était déjà un très long voyage en soi.

Les prémisses d’un choc culturel

À mon arrivée à Osaka, j’étais donc très fatiguée mais je n’en réalisais pas encore l’ampleur, car j’étais pleine de l’extase d’y être et je me perdais avec délices dans tous les petits détails que mes yeux ratissaient.

Je crois que la première fois, l’on ne prend réellement conscience d’un choc culturel qu’avec du recul. Mais lorsque ça se reproduit, c’est assez simple à reconnaître. Les symptômes principaux semblent toujours être les mêmes: peur de l’autre, peur de tout faire faux, peur de sortir de sa chambre, peur d’être agressée ou considérée comme un agresseur, peur de communiquer… On se sent tout petit, pas à sa place. Rien n’est rationnel, le monde entier se transforme en l’ennemi.

Je l’ai donc reconnu, en moi, mais je ne voyais pas d’autre option que de me forcer la main: la force du rêve était telle qu’y renoncer m’était inconcevable.

Au Japon, je suis l’éléphant…

La culture japonaise est très particulière, unique. Elle a le don de mettre facilement mal à l’aise la personne qui rit beaucoup, qui aime s’exprimer en gesticulant, qui aime les situations sociales, les rencontres, les embrassades. Bref, moi.

Dès mes premières heures sur le sol japonais, j’ai le sentiment que tout y était très révérencieux. Je suis l’éléphant dans le magasin de porcelaine.

« Be kind, smile a word ». Le fameux franponais…

Dans le train qui m’emmène à Osaka, je jette un coup d’oeil à ma voisine de droite; elle me regardait aussi et, plutôt que de détourner les yeux, elle me fait une courbette en guise de salut. Enchantée, je lui rends la même suite de mouvements avec un grand sourire (qu’elle ne me rend pas).

Après le train, il me faut sauter dans mon premier métro japonais. C’était un wagon réservé aux femmes. Curieux.

À Osaka, j’ai rendez-vous avec mon hôte Akira, un couchsurfer. Après un peu de difficultés à trouver la bonne sortie je le reconnais. Comment le saluer? Lui serrer la pince? La bise? Le prendre dans mes bras? Cette question que l’on se pose à chaque arrivée dans un nouveau pays prend ici une forme plus grande.

Mes gentils hôtes japonais, dans un bar japonais

À côté de nous, un type assis à un guichet, au-dessus des moulinets de la sortie du métro. Il lance un « merci! » sonore à tous les gens qui sortent, à un débit effrayant, avec un enthousiasme incroyable. Surréel! On aurait dit un automate. Je me demande encore à quoi pourrait ressembler son CV? « Sais dire merci en 47 langues! Peux dire 37 fois merci en 1min ».

Nous attendons Chihiro, l’amie d’Akira, une japonaise jeune, douce et extrêmement polie. Après nos présentations, je demande à Akira comment je peux me connecter pour avertir mes proches que je suis bien arrivée. Surprise: la plupart des bars et restaurants d’ici ne proposent pas de wi-fi. Une loi en vigueur visant à protéger les habitants de la cyber-criminalité, exige que tout utilisateur présente une pièce identité et soit enregistré. Trop compliqué pour les restaurateurs.

La situation ne sera pas meilleure chez Akira: il n’a qu’une connexion qu’il ne peut pas partager chez lui, mais il veut bien me prêter son ordinateur. Ouille, oui mais pour le travail? Il faudra que je me rende dans un cyber-café. Et moi qui pensais que le Japon était super-connecté. Un premier cliché s’envole.

Au Japon, on a des manières, Madame!

Mais revenons à Osaka. Akira et son amie m’emmènent boire un verre dans un bar plutôt particulier. Il faut grimper dans un immeuble qui semble locatif, atteindre une porte cachée, frapper et se faire ouvrir par deux jeunes hommes à l’air androgyne, blindés de tatouages et de piercings. Je ne m’y attendais vraiment pas et j’aime ce genre de surprises.

Aussitôt assis, Chihiro me tend un paquet rempli de petits cadeaux: des savonnettes, des bonbons, des choses mignonnes (et d’autres moins). Je suis un peu surprise parce que je ne m’attendais certainement pas à des présents alors que je suis l’invitée. En plus, en mode catastrophe que j’étais sur le départ, je n’ai rien apporté!

Une douceur en forme de crotte

Je la vois toute gênée, depuis que je suis arrivée, alors je commence à me poser des questions sur ma tenue, mon volume sonore, ma politesse. J’amorce la descente aux enfers de l’auto-questionnement. J’essaie de me concentrer à bien m tenir en place, ne pas trop dire n’importe quoi et assurer une serviabilité maximale.

Au bar, la liste de cocktails est affolante et ça tombe bien, on va décoincer un peu la machine. On jette aussi un oeil à la carte des mets et je la vois soupeser du regard une assiette de marshmallows glacés au chocolat. Je commande.

À l’arrivée du plat, elle tend une petite fourchette à chacun d’entre nous d’une manière très révérante. Elle s’excuse aussi du dérangement et elle attend que nous ayons chacun enfourné la douceur avant de croquer la sienne. Ouf, ça a l’air compliqué tout ça. J’espère que je n’ai pas manqué de respect quelque part.

Je décide de régler l’addition. Mais Akira roule des yeux, d’un air réellement dubitatif. « Tu es sûre? » me demande-t-il. Un instant, j’ai eu peur de commettre une offense mais j’ai continué de ma verve sud-italienne: « Mais bien évidemment, c’est la moindre des choses! » La jeune fille me remercie, beaucoup.

Un peu éméchés, on prend le métro en direction de Yao. On rentre à la maison, ma maison temporaire. Je vais pouvoir dormir sur de vrais tatamis japonais, dans une vraie chambre japonaise, sur un vrai futon japonais. Le rêve prend forme!

De l’hospitalité japonaise

Chez Akira, j’ai une jolie chambre rien que pour moi. Il m’explique le fonctionnement de la maison, me demande de me mettre à mon aise et m’offre même de jolies baguettes.

J’ai de quoi cuisiner italien, au Japon!

Il m’emmène rencontrer sa mère, qui nous a préparé à manger. Elle a l’air douce et bienveillante. Quant à moi, je me sens toujours un peu comme un éléphant: je ne sais pas trop où me mettre. Je suis ravie mais mon vague à l’âme me poursuit. Akira perçoit mon trouble et essaie de me changer les idées comme il peut.

Il m’emmène choisir à manger. S’il y a une chose dont je raffole dans un pays étranger, c’est de passer des heures dans un supermarché à découvrir toute la gamme de produits locaux extravagants que l’on ne trouverait pas ailleurs.

Nippon Kenpo

Il m’emmène tester son art martial favori, le nippon kenpō (aka la méthode du point du Japon, 日本拳法) dont le principe même est la recherche d’équilibre, à travers notre connaissance de ce qui nous entoure et l’étude de la relation entre les choses. Pendant le cours, les Japonais hurlent! C’est requis. C’est bien la seule fois où j’ai peur de ne pas être assez bruyante.

Il me donne des cours de langue (je vous entends rigoler au fond, mais non). Du japonais, du vrai, comme j’en rêvais. Watashi wa Corinne desu! Sugoiiiii!

Il m’emmène chanter au karaoké, en pleine après-midi. Ben quoi, y’a pas de raison, pourquoi ne pas se défouler au milieu de la journée?

Il m’emmène manger toutes sortes de choses délicieuses, du restaurant guindé à la pâtisserie de quartier qui porte un nom à tomber par terre: « Marier l’étoile », en passant par la soupe de nouilles que l’on commande par le biais d’un automate.

Les joues du bébé….

Il m’emmène louer des films et des anime. On découvre ensemble, entre autres, l’excellent Norwegian Wood (ノルウェイの森, Noruwei no Mori) adapté du roman de Murakami. Je lui fais regarder l’anime Elfen Lied, un de mes favoris.

On cuisine, aussi: entre recettes italiennes, indiennes et japonaises! Je relève surtout le fameux hot pot du dernier soir, dont je laisserai la photo parler.

Et puis surtout, on se parle beaucoup de nos différences culturelles. Même si Akira ne se considère pas comme un Japonais dans la norme, on sent facilement la taille improbable du fossé qui nous sépare. On passe de nombreuses soirées à picoler de l’amaretto et refaire le monde, ou plutôt les mondes, comme s’ils se devaient de rester parallèles.

Hot pot japonais fait maison!

Les jours passent vite et Akira doit partir en voyage de famille, pour quelques jours. Mes recherches d’appartement à Tokyo jusqu’ici ont été infructueuses et je n’ai toujours pas trouvé de solution. Je commence à paniquer car je ne sais pas où aller.

Une aubaine cependant, Akira me laisse les clefs, le temps que je m’en sorte. Je suis touchée de la confiance et je remercie la providence parce que, si vous voyiez Yao, vous ne sauriez pas non plus où aller, je vous assure.

Voyager au Japon après Fukushima

Me voilà donc toute seule dans la formidable (ou pas) cité-dortoir Yao, dans l’appartement qu’Akira a bien voulu me laisser en son absence, mais en me demandant gentiment de faire profil bas. Sa famille n’apprécie pas trop l’idée qu’il laisse des inconnus tout seuls à la maison.

D’un seul coup, je mesure l’ampleur de ma détresse. Avant, c’était supportable: Akira faisait en sorte que je ne me sente pas trop seule, il me changeait les idées et, si j’avais un petit coup de blues, il m’emmenait vivre sa vie à sa façon. Il n’y avait donc pas le temps de trop se poser de questions.

Cette solitude est très étrange. Elle ne ressemble à pas grand chose que je connaisse. Les heures passent et l’anxiété se presse dans ma cervelle pas japonaise pour un sou. Il va falloir que je sorte, que je roule à vélo sur les routes de Yao. Il va falloir que j’achète à manger, il va falloir que je passe mon temps d’une façon ou d’une autre. Je vois ces petits gestes de base de la vie quotidienne se transformer en une chaîne de montagnes infranchissables, à une vitesse record.

Je passe ma première journée enfermée. Akira a laissé du riz, et il y a encore un peu de ce pudding de tofu dans le frigo. Ceci et son incroyable sauce soja me serviront de repas principal pendant les prochains jours. Non mais, je vous assure, c’est exquis. Aujourd’hui encore, deux ans plus tard, j’en rêve parfois!

Un restaurant au Japon

Le deuxième jour je me hasarde, à contrecoeur, à m’aventurer au supermarché. L’idée de sortir de l’appartement, de me faire apercevoir et de causer des problèmes à Akira me stresse complètement, mais bon, il va falloir.

Au moment où je détache le vélo de sa place de parc, une femme d’un certain âge passe en me dévisageant. Je me sens comme une voleuse. Croit-elle que je vole ce vélo? C’est la paranoïa totale.

Je roule dans les rues quasi vides, entre les nombreux casinos pachinko et les bars à udon (sorte de nouilles épaisses) automatiques. Un policier d’apparence inutile aide à la circulation et m’incite à traverser avec un geste aussi grand et énergique que son sourire.

Le supermarché me rassure. Il est pratiquement vide et j’ai tout le loisirs d’y observer et de toucher ces produits inconnus. Je me perds dans les étalages, le temps d’oublier un peu.

Au retour à l’appartement, je prends un appel pour un client sur Skype. Et au beau milieu, bam! La maison se met à trembler comme une feuille. Trois mois après le Big One, alors que tout le monde attend encore une deuxième vague, ma panique triple en volume. Dieu merci, ce n’est qu’un petit 5.4 sur l’échelle Richter.
Je prends néanmoins conscience de la situation de danger dans laquelle j’aurais pu me trouver si c’eût été pire: je ne comprends pas la télé, la radio, les journaux, et les gens dans la rue (si ce n’est pour le policier) ne m’auraient certainement pas été d’une grande aide.

À l’autre bout du fil mon client me demande si tout va bien. Oui, c’est passé, ça n’a duré que quelques instants. Mais je me réjouis de, je ne sais pas, partir d’ici, je crois. J’abandonne mes recherches d’appartement à Tokyo: de toute manière je suis proche de la banqueroute. Je mets en oeuvre le plan B le plus simple et le plus improvisé: retourner à Taïwan, où j’avais passé dix journées fabuleuses.

Revenir d’où je viens, penaude

Le billet d’avion est réservé: je retournerai à Taipei d’ici quelques jours. Mon esprit commence à s’éclaircir et je peux enfin prendre le temps de pondérer sur mes aventures japonaises avec un peu de recul.

Il y a eu ce moment à mon arrivée, où Akira m’a dit que je souriais énormément et que c’était inhabituel… Et puis le moment, quelques jours plus tard où il m’a avoué, d’une toute petite voix, qu’ici ceux qui sourient pour tout et rien sont souvent perçus comme des gens un peu simplets. Je l’avais pris en rigolant (pour changer!), j’avais prétendu que le pays entier avait rarement dû voir quelqu’un d’aussi stupide que moi. Je n’avais pas bien pris le temps de mesurer l’impact d’une telle remarque sur mon angoisse sociale déjà bien présente.

Lorsque Akira me présentait à ses amis, il le faisait toujours de la même manière: « Voici Corinne, une amie qui vient d’Italie/Suisse. Elle sait parler cinq langues! » Cela avait le don de me mettre plutôt mal à l’aise à chaque fois, et ma conclusion, après réflexion, c’était « Oh mon dieu, en fait c’est parce que je devais avoir un de ces airs, avec mon sourire niais, qu’il se sentait obligé de compenser avec cette remarque, histoire de prouver qu’il ne se baladait pas avec une nunuche! ».

Puis il y a eu le dîner avec son ami et collègue de longue date, Monsieur Okamoto. Au restaurant, on nous apporte les plats et il y a ce drôle de moment où tout le monde se regarde mais personne ne mange. Quand est-ce qu’il faut prendre ses baguettes et commencer? J’ai connu assez de cultures différentes à présent pour savoir qu’une situation aussi simple peut prendre une complexité inexplicable, ailleurs. Au bout d’une minute aussi longue qu’une heure Akira me jette un regard insistant. Je ne comprends pas et je souris comme une abrutie. Il me dit enfin « Il faut que tu commences, tu es l’invitée. » Oh. Désolée. Voilà, qu’est-ce que je disais?

Japon

Après le dîner nous nous rendons tous chez Akira et l’ambiance se détend un peu. Nous voilà par terre dans sa chambre, en chaussettes, avec des cartes à jouer et des verres d’Amaretto. Akira m’apprend leur jeu favori, et en une ou deux parties je me transforme en adversaire à leur hauteur.

Malgré une longue relation entre ces deux-là, Akira se réfère toujours à son ami d’un révérent « Monsieur Okamoto a dit… », avec un geste de la main calme dans sa direction, la paume ouverte. C’est son supérieur, tout de même, mais quel contraste avec le moment très familier que nous sommes en train de passer.

Et puis je gagne, peut-être un peu trop souvent. Je commence à me demander si je ne devrais pas les laisser gagner un peu. J’ai du mal à lire les expressions d’Akira et de Monsieur Okamoto. Sont-ils vexés? Sont-ils bons joueurs? Quelle est la norme dans ces situations, au Japon?

Je ne peux cependant pas m’y résoudre, et au moment où Akira pose ses dernières cartes avec victoire sur la table en sonnant « J’ai gagné! », je le remballe en lui demandant de reprendre ses cartes avant de lui aligner une succession gagnante. Je me sens très fière et à la fois je me demande si ce n’était pas de trop. Je ne saurai jamais. Nous jouons une dernière partie et c’est Monsieur Okamoto qui gagne enfin. Voilà, nous pouvons arrêter le jeu… Je crois que c’est ce que Akira attendait.

Et puis il y a eu la session karaoké en plein milieu d’après-midi, avec la timide amie de Akira. Session ensoleillée (enfin pas trop, puisque nous étions enfermés dans une chambrette privée) avec, s’il vous plaît, thés froids et colas. Le karaoké, c’est une affaire très sérieuse au Japon. Mes compères et moi chantons proprement, l’un après l’autre, sur des chansons que nous connaissons et maîtrisons. On s’applaudit à la fin de chaque performance. Sauf quand je me tente à un Nirvana, pour déconner, et que je me plante misérablement. Là personne n’applaudit. Et encore une fois je ne sais pas quoi faire. M’excuser? Changer la chanson? Je n’ai pas honte mais je vois leurs regards fuyants comme si je me trouvais dans une situation de honte. Bon, je crois que je vais en rester à mes classiques.

Le moment le plus compliqué était sans doute celui où nous avons invité l’amie d’Akira à la maison. Je leur ai préparé un bon plat de pâtes à l’italienne et puis nous avons regardé un film, Norwegian Wood, l’adaptation du roman du même nom de Murakami. C’est un film au rythme assez tranquille, avec de quelques scènes de sexe plutôt lentes. L’amie d’Akira est quasiment immobile et ne détache pas une seconde ses yeux de l’écran. La tension pourrait se respirer dans tout l’immeuble. Je compte les secondes durant les scènes un peu lourdes. Une fois partie, nous nous disons que ce n’était pas une très bonne idée de lui avoir imposé ça, mais qu’en savions nous?

Et le moment le plus étrange c’était, je crois, lorsque nous avons tenté de louer un de mes anime préférés, que je voulais regarder avec Akira. Le DVD n’était pas disponible et la vendeuse s’est inclinée de mille courbettes en s’excusant profusément. Akira l’a un peu grondée et elle a continué de s’excuser, d’un air on ne peut plus désolé. J’avais envie de dire « Mais non, mais non, c’est pas grave, c’est pas de votre faute! » mais forcément, je n’avais pas les mots. J’ai voulu en discuter avec Akira et il m’a lancé un froid « C’est ainsi, ici. Ils sont payés pour ça. »

Tous les sourires un peu trop forcés des vendeurs, des policiers, des serveurs, leur enthousiasme excessif au service, leurs excuses rabaissantes, l’image du type qui dit « Merci! » à l’entrée du métro, à tous les gens qui passent, mes difficultés, non, mon impossibilité! à lire dans les expressions des gens, à savoir quoi faire et en quelle circonstance, à passer pour la niaise de service… Tout m’est retombé d’un coup sur la tête. Non, non. Je ne peux pas. Je ne peux vraiment pas…

Au moment où mon avion à décollé, j’ai ressenti un soulagement extrême. J’allais retourner à Taipei pour six mois (mais je ne le savais pas encore), et puis désespérer pendant les deux années suivantes d’y retourner, d’y faire ma vie. Aujourd’hui ça m’est passé. Je n’ai plus cette obsession de Taïwan, mais je crois encore un peu que c’est là-bas qu’un jour, je vieillirai.

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Par Corinne Stoppelli

Je suis Corinne, un petit oiseau libre. Sans domicile fixe depuis 2010, je sillonne la planète à la recherche d'inspiration et de points de vue différents. Sur Vie Nomade, je partage mon regard sur le monde, le temps et le changement, d'une plume sincère et d'un objectif curieux et ouvert. En savoir plus?

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(54 commentaires)

  1. Denis dit :

    Courage, tu vas surement t’y habituer, je rêve moi aussi de visiter le Japon

  2. silecee dit :

    Je viens de tomber sur ton blog…
    Je pense que le problème, c’est que tu as tout de suite débarqué dans une petite ville. Va à Tokyo. C’est très occidentalisé, les gens ont l’habitude des touristes… Tu te sentiras beaucoup moins « étranger ».
    Mais surtout ne reste pas sur cette défaite. La Japon est un si beau pays que ce serait dommage…
    Quant aux radiations et aux tremblements de terre, c’est encore autre chose. Si les deux te font peur, il n’y a malheureusement pas grand chose à faire.

    • Corinne dit :

      Merci Silecee,
      C’était mon objectif d’aller à Tokyo, mais je n’ai pas tenu le coup jusque là. Je ne resterai effectivement pas sur cette défaite, mais je n’ai aucune idée de quand je pourrai y retourner. 

  3. ベネ dit :

    C’est dommage que l’expérience n’ai pas été concluante. J’espère que tu pourras y refaire un tour sous de meilleurs conditions bientôt :)

  4. Corinne dit :

    Merci à tous pour les encouragements. C’est un peu difficile à expliquer, c’est surtout le burn out avant le Japon, j’ai (re)quitté tout mon environnement en Thaïlande, ai foncé à Singapour, à Bornéo, à Taiwan, rencontré mille personnes (dont certaines très attachantes), ai dû me séparer d’une très bonne amie… et puis paf. Le Japon, ses codes, le fait qu’il s’agissait d’un si grand rêve, le fait que tout coûtait aussi bien trop cher pour moi à ce moment, et puis la sensation d’avoir laissé derrière de belles choses à Taïwan… J’ai été déprimée pendant deux semaines à mon retour. Mais tout va bien maintenant ;)

    Je retournerai au Japon pour sûr, quand j’aurai plus de moyens, et serai moins fatiguée.

  5. Ma Bohème dit :

    Quelle expérience ! Il y a effectivement plusieurs facteurs qui se sont cumulés de manière plutôt déplaisante…

    Je te recommande vivement de retenter le coup car je pense que le pays, les gens et la culture valent vraiment d’y passer plus de temps.

  6. Sylvain Bui dit :

    Ce n’est que partie remise ! surtout profite bien de Taiwan :)

  7. Lili dit :

    Ce n’est que partie remise sans aucun doute. C’est bien d’accepter ses limites de temps en temps aussi, non?
    En tout cas, où que tu sois, profites-en bien chère Corinne :)

  8. C’est vrai ce que tu décris au niveau du choc culturel. Je n’en ai eu que 2: au Kenya car c’était mon premier voyage en indépendant et ce n’est pas forcément le pays le plus facile pour une première puis l’Egypte car j’y allais pour y vivre et je ne m’attendais pas à un tel dépaysement d’autant que je n’y allais pas pour une semaine…

  9. Arnaud dit :

    Salut ! Nous partons bientôt du Japon après bientôt 2 mois. Je suis d’accord, le Japon c’est chèèèèèèèr !! Tu y es toujours en ce moment ?

  10. on va enfin avoir le fin mot de l’histoire :P

  11. Luisa dit :

    Ah, la surprise du « pas de wifi au Japon! » c’est toujours comique. Si tu as un câble LAN, des fois les fast-food offrent l’accès internet via des prises.

    Mais sinon c’est effectivement très rare, à moins d’être hébergé dans un hôtel avec de la clientèle internationale.

    Bonne chance pour ta connexion et enjoy le voyage!

    • Corinne dit :

      Hello Luisa!
      (je suis revenue, déjà :p)
      Pour la connexion, ils ont été incapables de nous aider… au McDo :p J’ai testé le cyber-café (c’est toute une expérience) et puis finalement on a réussi à boutiquer la connexion à la maison de mon hôte.
      À bientôt!

  12. Béné dit :

    Il y a le wifi gratuit chez Starbucks. Il faut juste s’incrire sur le site auparavant.

    • Corinne dit :

      Merci pour l’info! Pour ma part, je n’avais pas de Starbucks à Yao, ou du moins, je n’en ai pas trouvé :(

      • Tiphanya dit :

        Et surtout ce n’est pas dans tous les Starbuck (bon, d’accord, j’étais peut-être dans le seul Starbuck du Japon à ne pas l’avoir).
        En tout cas j’ai eu la même surprise en quittant Tokyo, mais on me l’a expliqué différemment. En effet, tous les japonais ayant internet sur leur téléphone, le wifi n’est pas utile (sauf pour les touristes étrangers). On trouve donc des zones d’accès wifi de tel ou tel opérateur dans divers lieux, mais aucun accès libre.

  13. _ dit :

    J’ai souvent et longtemps rêvé de venir au Japon, j’y suis depuis environ 3 semaines et j’avoue que pour moi aussi le choc culturel est un peu rude.

    Tout est si codifié et en ne parlant pas la langue j’ai l’impression de ne pas être à ma place. Heureusement j’ai des amis japonais et que les gens sont très gentils.

    Sinon, ça m’a aussi surpris que ce soit si « difficile » de trouver une connexion internet décente.

    Tu compte y revenir bientôt?

    • Corinne dit :

      Non, pas de sitôt, je compte partir du côté des Amériques cette fois. Mais j’y retournerai pour sûr, quand j’aurai plus de moyens, ou que je serai moins fatiguée :)

  14. Tanned-voyage dit :

    ce que je trouvais compliqué était que l’on ne pouvait pas téléphoner car mon téléphone n’était pas en 3g et cela coutait très cher! a priori, ils sont en avance sur nous!

  15. _numericnomade dit :

    Isolement, c’est le mot. C’est dommage car j’ai le sentiment qu’il y a quelque chose à saisir dans ce pays.

    Sinon, je serais à Taiwan bientôt, à te lire ça à l’air assez différent, non?

    • Corinne dit :

      Oui, je suis d’accord avec toi!
      Taïwan, oui c’est très différent :) As-tu déjà été en Chine? Car à mes yeux, c’est une belle contraction de la Chine et du Japon. Le meilleur des deux mondes, en somme. J’espère que tu vas apprécier, pour moi, ça reste le plus beau voyage que j’aie pu faire et je crois que j’y vivrais volontiers!

  16. Lucie dit :

    Ha c’est dommage que le Japon t’ai laissé des souvenirs amers après en avoir si longtemps rêvé.
    Pour ma part, j’en rêve depuis 15 ans et je me demande vraiment comment je vais réagir quand j’y serai enfin…

    • Corinne dit :

      J’espère que tu pourrais en profiter! Et moi aussi, la prochaine fois que j’y retourne ;)
      D’ailleurs je pense que de loger au centre d’une grande ville est certainement une meilleure idée que de se perdre dans une ville-dortoir où il ne se passe rien, comme moi, lol.

  17. Lucie dit :

    Alors là c’est fou cette histoire d’Internet, ça doit surprendre beaucoup de monde en effet…
    Et sinon c’est bon les Mochi glacés? Parce que pas glacés, c’est super bon ;)

    • Corinne dit :

      Haha, trop bon, bien sûr ;) Juste dommage que je n’en aie pas trouvé au chocolat. Super déçue aussi de ne pas avoir pu plus manger, je ne suis pas beaucoup sortie de chez mon hôte au final, la situation financière du moment m’y aidait pas non plus.

  18. Nadège dit :

    J’aimerais aller au Japon pour manger de vrais sushis ! La culture a l’air très intéressante à découvrir !

    • Corinne dit :

      Je n’ai même pas testé les sushis… J’ai un peu honte, mais je n’aime pas ça :p Mais par contre il y a tout le reste de la cuisine japonaise qui est à tomber par terre… de goûts, hmmm. 100% recommandé.

  19. Delphine dit :

    Nous sommes restés au Japon 2 mois (1 mois en vadrouille et 1 mois pour travailler sur Tokyo) et au début, je me suis sentie très « étrangère » comme toi. Cela faisait bizarre car ils ont vraiment une culture et des codes très différents des nôtres mais je m’y suis habituée et finalement c’était plutôt rigolo ! J’espère que tu vas t’y habituer toi aussi =)

    • Corinne dit :

      Hello Delphine! (c’était l’an passé, mais c’est vrai que c’est un peu déroutant le manque d’ordre de mes histoires :p) Je me suis plus ou moins *enfuie* vers Taïwan (que j’ai adoré dès les premiers jours) après 3 semaines au Japon! Mais je compte bien y retourner un jour et m’y faire ;)

  20. Emidala dit :

    Je viens de lire tes articles sur le Japon. Je suis certaine qu’un jour tu pourras y retourner dans de bonnes conditions. Vu tout le périple que tu as fait en Asie, je sais que tu en es grandement capable.

  21. Rock dit :

    S’il avait un téléphone 3G il aurait pu le passer en wifi, j’avais une amie qui avait un abonnement mensuel, une sorte de borne wifi louer/acheter chez l’opérateur (30€ / mois) même pas il avait cela?

  22. Christophe (Voyage Sur Le Fil) dit :

    Salut Corinne,

    J’adore ton style d’écriture !
    Je vais certainement bientôt aller à Osaka, aurais-tu un conseil sur un truc loufoque, bizare ou dingue à faire?

    Bon voyage !

  23. Tanned-voyage dit :

    Il t’a vraiment gâté! Tu aurais du partir voir le sumo avec lui :D.

    ça a l’air bien bon ce que tu as cuisiné!

  24. Lucie dit :

    Ca avait l’air chouette ces quelques jours quand même.
    PS: Oh que j’ai adoré Norwegian Wood aussi (et que j’ai pleuré!)

  25. Héloïse dit :

    Cela doit vraiment être très différent au Japon. J’ai le sentiment qu’une fois le choc culturel passé, on pourrait s’y plaire et en tomber amoureux.

    Merci pour la note sur le repas au resto. Je retiens pour le jour où j’y serai invitée ;-)

  26. Amandine dit :

    Comme toujours, j’ai pris beaucoup de plaisir à te lire, savourant chaque mot de ton récit.

    Le Japon est une destination qui me tente beaucoup (elle fait partie de ma Bucket List d’ailleurs), mais qui a un statut « à part » : le Japon a l’air d’être un endroit plein de paradoxes, de chocs de cultures et d’époques … Je ne sais absolument pas à quoi m’attendre, même en lisant de temps à autres des récits de voyageurs … et c’est aussi cela qui me plait.

    Merci pour ton retour tout en nuances et en émotions ; à travers ces lignes j’ai vécu à tes côtés tous ces moments de doute, moments délicats où l’on se demande que faire pour éviter l’impair culturel (sans le pouvoir vraiment).

    Cette barrière de langue et de culture, je l’ai déjà ressentie que Cambodge, mais je pense que c’est encore très « peu » et comparaison des tranches de vie que tu nous a partagées.

    • Hello Amandine, merci pour tes gentils mots :)
      Je pense que la barrière on la ressent tous à une intensité, à un lieu et à un moment différent. Y’a des facteurs qui accroissent la sensation je pense. Moi j’étais toute perdue en y arrivant à la base, c’était le terrain idéal pour m’en prendre plein les dents.
      Je crois que le Japon requiert un état d’esprit très positif et posé pour être apprécié. C’est aussi pour ça que j’aimerais lui donner une nouvelle chance.

  27. Sirhom dit :

    Salut Corinne,
    c’est vrai qu’on a souvent cette idée que le Japon est un pays très occidentalisé,
    c’est vrai en un sens, mais très loin de la vérité que l’on peut ressentir sur place.
    Comme tu le dis dans ton article d’il y a deux ans, le Japon est un pays très isolé.
    Culturellement, comme dans les rapports, tout y est codifié, ritualisé… difficile de pas mettre les pieds dans le plat tant qu’on a pas la panoplie complète.
    Mais bon… au bout d’un moment, il faut laisser couler, sinon tu psychottes:)
    Les japonais sont ravis voire épatés dès que tu arrives à lâcher une courbette, mais c’est aussi un peu parce que par défaut l’occidental est « un animal qui garde ses chaussures à l’intérieur » – comme disait un yakusa d’un film de Fukasaku:)
    ++

    • Ouais, c’est ça, j’étais en mode parano total :p
      J’ai eu l’impression que les japonais s’attendent à ce que tu fasses tout juste, ne se disent pas forcément que tu es étranger et que tu dois apprendre. La Suisse est très insulaire aussi, j’ai trouvé beaucoup de similarités dans la façon de voir les rapports avec les autres. Je me souviens, avant de voyager, comment mes amis et moi on rigolait du manque de « politesse » ou de ce qui nous paraissait être un comportement grossier de la part d’étrangers nouvellement arrivés. C’est ce que j’ai ressenti de la part des japonais à mon contact, je me sentais un peu comme une génisse pataude lâchée dans la jungle. Je ne sais pas si c’était trop teinté de mon expérience suisse ou si c’était un ressenti réaliste, je ne le saurai jamais, car c’est limité à mon expérience du Japon à ce moment bien étrange de ma vie. Mais je laisse le doute en suspens :)

  28. Je tombe sur ton article un peu par hasard. Je reviens du Japon, et ça a bien changé en à peine 3 ans ! Maintenant, la politique est au wifi gratuit partout, on trouve de plus en plus de villes proposant du wifi dans la rue, et pour se connecter il n’y a qu’à accepter les conditions d’utilisation (même pas de compte à créer).

  29. Flo dit :

    Bonjour~
    J’arrive très très tard si ton blog, mais après avoir lu plusieurs de tes articles dont celui-ci, je ne peux m’empecher de réagir.
    Ton hote avait l’air très accueillant et sympa, mais très sincèrement, en lisant tes lignes, j’ai l’impression qu’il etait assez rigide aussi. Le coup de « ce sont les invités qui mangent en premier », de « les gens qui sourient ici sont prit pour des simplets » etc… juste… non. C’est juste raide raide raide. Je pense que tu n’aurais pas ressenti autant de malaises sociaux si tu avais été avec une personne plus « cool », plus « laid-back », meme Japonaise (haha)
    Le Japon est fait de règles sociales complexes et strictes, nous le savons bien, mais j’ai rencontré suffisamment de Japonais jusqu’a maintenant pour etre persuadée que l’on n’est pas obligé de se sentir toujours comme un « elephant dans un magasin de porcelaine » comme tu le dis si bien. Je compatis totalement a toutes tes aventures, moi meme j’ai connu beauuucoup de malaises sociaux qui viraient parfois limite au suicide, mais je sais qu’il existe néanmoins des personnes ouvertes et fun qui ne prendraient pas mal le fait que tu crie « victoire » quand tu gagnes ou qui n’auraient pas besoin de préciser a leurs amis que tu es intelligence malgré le fait que tu souries beaucoup. Des Japonais (de confiance) m’ont d’ailleurs confié a plusieurs reprises que c’etait au contraire une bonne chose (moi aussi je sourie tout le temps), et que les gens devraient en prendre de la graine.
    Bref je m’exprime surement très mal, mais tout ce que je veux dire c’est que j’ai l’impression que tu as vécu des moments très difficiles que quelqu’un d’autre aurait pu/su t’épargner.
    A ce stade de ma lecture, je ne sais pas encore si tu es retournée au Japon après Taiwan, mais j’espere que la prochaine fois, les gens autours de toi sauront te mettre vraiment a l’aise, et que tu feras des rencontres topissimes :))

  30. Lucie Aidart dit :

    Je viens de lire ton récit Corinne, en étant au Japon depuis quelques jours. Depuis que je suis arrivée, j’ai un sentiment bizarre, un malaise que j’ai dû mal à définir et je me retrouve dans certaines choses que tu décris et la dernière fois que j’éais venue également, même si je ne m’en suis pas rendue compte, ne me le suis pas avouée et l’ai mis sur le compte de mon deuil (ce qui est aussi vrai). Bref, merci pour tes écrits honnêtes, je retourne essayer de m’intégrer pour cette année qui va me sortir de ma zone de confort…

  31. J’aime beaucoup ce format de petit article, simplement pour parler d’un ressenti, d’une sensation. Le Japon fait vraiment naître des sentiments contradictoires, entre la peur et l’apaisement, c’est étrange :)

    • Corinne dit :

      Merci :) Oui en effet. Je crois que ça dépend de quelle manière on y voyage, mais tous ceux qui y sont restés plus longtemps m’ont raconté des mêmes contrastes similaires.

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