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Corinne

J’ai tout laissé derrière moi (partie 3)

Pourquoi part-on? Qu’est-ce qui nous fait laisser derrière nos familles, amis, nos habitudes bien confortables, nos objets fétiches? Quelle est la raison de ce bond en avant, vers l’inconnu?

À travers ces quelques pages, je récolte les témoignages de ceux qui l’ont fait. Les raisons en sont aussi belles que variées. Si vous ne l’avez pas encore fait, n’hésitez pas à lire les première et deuxième parties!

Vous êtes expatrié depuis un certain temps? Nomade à plein temps? Qu’est-ce qui vous a poussé à tout laisser derrière vous et recommencer à zéro, ailleurs?

Sept ans de vie nomade… par accident!

Je n’ai jamais vraiment voulu partir car en vérité, je ne suis plutôt jamais revenue.

Je venais de terminer un diplôme professionnalisant et je ne sentais plus que j’étais en mode survie car à tout moment, je pouvais me retrouver sur le marché du travail et me lancer. Accrochée à cette bouée de sauvetage, je me suis inscrite à l’université en me disant: si je finis le diplôme, tant mieux. Mon but était d’abord d’apprendre, mais aussi de partir un an à l’étranger. Je me disais que ce serait bon pour mon Curriculum Vitae

Une fois sur place, j’ai découvert l’auto-stop et l’art du backpacking, les auberges de jeunesse, les rencontres spontanées, les musées, le train, les low-cost, et puis la politique à laquelle je ne comprenais rien. J’ai décroché de mes sciences pures et je suis rentrée au Québec avec une inscription en études internationales, un stage d’immersion en anglais, un projet de coopération internationale au Pérou…

Anick-Marie Bouchard lors du Suntrip

Anick-Marie Bouchard lors du SunTrip au Kazakhstan

Et puis j’ai manqué d’argent, alors je suis repartie à la recherche de ma famille, aux îles-de-la-Madeleine. J’ai essayé de m’installer à Rimouski, pris des cours à distance, fait du wwoofing, pété un câble, à l’évidence, il ne fallait pas forcer la sédentarité, pas maintenant. Un visa vacances-travail et puis hop, du CouchSurfing partout en Europe, et on me propose un poste bénévole sur l’équipe de sécurité.

Avec le copain ça ne marchait pas, alors je me suis dit que j’irais apprendre l’allemand, « parce que ce serait bon pour le CV », bien sûr. Alors je suis devenue fille au pair. Avec CouchSurfing, y’avait des conférences, des ateliers, j’y allais en stop, je m’arrêtais dans des projets de vie communes et/ou nomades. J’ai y ai appris le glanage urbain.

Et puis à un moment, je me suis demandé ce que je pouvais bien faire de ma vie, si je pourrais un jour me spécialiser dans quelque chose… En regardant derrière, j’ai vu sept ans de vie nomade, de voyage alternatif par accident.

Beaucoup de gens voulaient me voir écrire un livre sur le stop en tant que fille, ce fut le coup d’envoi – je serai une spécialiste de l’auto-stop et de la mobilité alternative !

Anick-Marie Bouchard la Globestoppeuse

Ce besoin d’autre chose qui me rongeait n’est plus…

Après mes études à Toulouse, j’y ai trouvé un travail car la ville me plaisait, et puis c’était plutôt facile de rester au même endroit.
J’avais déjà voyagé un peu lors de mes études, et je savais que j’avais envie de repartir, par envie de découvrir d’autres choses. Mais c’est assez difficile de savoir si on a envie de partir s’installer ailleurs ou si on a juste envie de faire de beaux voyages pendant les vacances, ou au cours de missions ponctuelles.

Marie Dumetz

Marie Dumetz

Du coup j’ai cherché un compromis: je me suis mise à la recherche d’un VIE (Volontariat International en Entreprise). C’est un contrat qui dure de 6 mois à 2 ans, et c’était pour moi l’idéal, entre tout lâcher et ne pas bouger. Puisque « au pire si ça me plaît pas c’est une durée déterminée ». Et puis ça m’a plu (je suis partie pour un contrat d’un an à l’île Maurice).

C’est un ensemble de choses en fait: le boulot, le pays, les gens. Je ne peux pas dire que j’étais malheureuse en France, mais je suis beaucoup mieux maintenant. J’ai signé un CDI, et je ne sais absolument pas combien de temps j’y resterai, ni où j’irai après, mais ça ne m’angoisse plus du tout, je n’ai plus ce besoin de chercher autre chose qui me rongeait avant. J’imagine que c’est plutôt bon signe!

La famille et les amis me manquent un peu, mais finalement quand on se retrouve, rien n’a changé, et Skype aide pas mal à la communication je crois, bien que j’appelle plus souvent mes parents que lorsque j’étais en France! Et le changement n’était pas si dur que ça, beaucoup moins que ce que j’avais imaginé en tout cas.

Bref, si c’était à refaire je le referais sans hésiter. Et d’ailleurs c’est probable que je le refasse un jour (mais cette fois-ci, je ne partirais plus toute seule).

Marie Dumetz, On pousse le bouchon un peu plus loin

Lire la suite: Pourquoi part-on? Partie 4

Par Corinne Stoppelli

Je suis Corinne, un petit oiseau libre. Sans domicile fixe depuis 2010, je sillonne la planète à la recherche d'inspiration et de points de vue différents. Sur Vie Nomade, je partage mon regard sur le monde, le temps et le changement, d'une plume sincère et d'un objectif curieux et ouvert. En savoir plus?

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(5 commentaires)

  1. Je suis à moitié expatriée car de la France à la Suisse il n’y a finalement qu’un pas. Je ne suis pas 100% nomade mais sans voyages je suis en manque. Je suis une passionnée et assoiffée de découvertes. La Suisse est mon nid, mais j’ai besoin de partir et de voir d’autres horizons très souvent. Trop souvent même. Prête à témoigner si tu as besoin !

  2. Très sympa cette série, merci pour ces témoignages!

  3. Su-Su

    J’adore ces jolis témoignages! je voyage par procuration!

  4. De beaux témoignages! Chacun son parcours et son histoire! Moi je suis partie il y a 10 ans, avec mes deux fils, 5 et 8 ans et l’aventure a été et est toujours formidable! Maurice pour moi mais à chacun son rêve. Osez y croire et foncez! Rien n’arrive par hasard!

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