Histoires
d'ailleurs

Denver – Boston: une histoire de turbulences

Publié le • Dernière mise à jour:
L’après-midi, dans le California Zephyr, on se laisse aller. On a fait connaissance avec le petit monde de son wagon, y compris l’infirmière qui aime jouer aux fléchettes au formol sur les cuisses de ses collaborateurs, le jeune homme de 16 ans imbu de lui-même qui est fier et conscient de sa sagesse « Quand j’aurai soixante ans, je serai tellement sage que plus personne ne comprendra ce que je dis! » et la jeune New Yorkaise du Bronx qui donne de savants conseils: « Ne fuis jamais d’un taxi sans payer, tu vas te faire taser! »

C’est la suite de American Drifters: Le tatoueur maudit

Il y a un wagon panoramique, avec des sièges confortables. Il y a aussi un wagon-café, où des jeunes ont décidé de jouer de la guitare. C’est un brouhaha de tout et de rien où les plus ennuyés essaient de rendre le temps plus agréable… qui somnole, qui travaille sur son ordinateur portable, qui lit, qui caquète à n’en plus finir.

Et puis la nuit tombe, et avec elle, l’intérêt des dernières heures de paysage. À 21:00 on arrive à Denver. Mon avion pour Boston par le lendemain à 7:00, et je n’ai pas le choix que de prendre un bus vers l’aéroport avant minuit, sans quoi je me retrouverai à payer une heure (ou plus) de taxi.

L’aéroport de Denver, pourtant bien noté en termes de confort, est vraiment nul. Il n’y a pas un rat. J’attache mon écharpe à mon cou et à ma valise et je m’endors (et me réveille toutes les 15 minutes) sur une banquette (foutus accoudoirs). Enfin vient le moment d’effectuer mon check-in, je suis complètement à côté de la plaque, j’essaie sans succès dix fois à la machine… de la mauvaise compagnie. Je finis par y arriver et je monte dans mon avion, que je devrais changer à Philadelphia après environ 3 heures de vols. Je m’endors tellement profondément que je remarque à peine le décollage.

Par contre les turbulences, je les remarques. Je remarque ma voisine de droite tendue comme le dossier de son siège. Je remarque aussi l’annonce du contrôleur: « Mesdames, Messieurs, en raison de fortes perturbations nous allons devoir survoler la ville pendant un certain temps. » Il fut un temps où j’avais une peur bleue des turbulences. Je ne vous parle pas d’un avion qui s’amuse à contourner la ville sans pouvoir se poser! Il faut croire que ce temps est révolu, puisque je me rendors aussitôt avec, comme dernière idée « Bon, ben si je meurs ici au moins j’aurai eu la chance de prendre le California Zephyr avant ». ZzzZzzZzz.

Finalement nous atterrissons tous en un morceau À Philadelphia et, vaseuse, je vais prendre ma correspondance. Il fait jour et le soleil me brûle les yeux. Il n’y a rien qui me réjouisse le plus que de prendre une douche et de m’affaler. Depuis combien de temps je n’ai pas pu dormir convenablement, dans un lit. 35 heures? Plus? Foutu décalage horaire, je n’y comprends plus rien.

Un bar à Boston

J’ai faim quand même, alors je m’arrête dans le bar le plus bruyant du coin pour un snack.

J’ai réservé une petite chambre privée pour deux nuits au 40 Berkeley St (apparemment aussi nommé The Berkeley Residence Hotel) qui ne paie pas de mine mais qui est tout confort, très propre et très proche de la ville. À première vue, Boston est belle, pleine de briques rouges, pleine de vie. Le métro est facile à comprendre et à prendre. Enfin, il se fait tard… Bonne nuit!

Lire la suite: Balade à Boston

Cet article vous a plu ou vous a servi?

Par Corinne Stoppelli

Je suis Corinne, un petit oiseau libre. Sans domicile fixe depuis 2010, je sillonne la planète à la recherche d'inspiration et de points de vue différents. Sur Vie Nomade, je partage mon regard sur le monde, le temps et le changement, d'une plume sincère et d'un objectif curieux et ouvert. En savoir plus?

Rédiger un commentaire?

(Un commentaire)

  1. C’est l’un des petits plaisirs à dormir à moitié dans l’avion. On se retrouve dans un état de somnolence dans lequel nos pensées se baladent, sans plus vraiment etre conscient de ce qui nous arrive. Et dans ce contexte, la peur de mourir n’existe plus du tout. Du moment qu’on peut dormir, l’avion peut bien s’écraser, ou atterrir, ou faire ce qu’il veut, ça n’est pas un problème ;)

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Partagez cet article avec un ami