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Barrière linguistique en Chine: quelques caractères chinois vous sauveront!

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Le lendemain, j’ai une mission: me procurer une carte SIM avec 3G pour mon portable (pour les non-technophiles: une puce téléphonique pour mon iPhone, qui me permettra de surfer, aussi bien que d’appeler). Petite mission qui m’emmènera loin au coeur de Hangzhou

C’est la suite de: Sous l’aile (délicieuse) des Chinois

J’essaie d’expliquer à la manager de la guesthouse via Google Translate (pas très clair), puis en démontant l’objet (compris!). Elle appelle un jeune homme à la rescousse, qui me tend une carte de visite. C’est tout en chinois (pour changer). Si ça se trouve, ils n’ont rien compris. La manager m’écrit le nom d’un arrêt de bus, sur un bout de papier (toujours en chinois): « montre-le au conducteur ».

Suzhou temple

Quand mon numéro de bus se pointe, c’est le stress!
Les Chinois, en général, ils poussent pour rentrer avant même que quiconque ait pu aspirer à descendre.
Et le pire, c’est qu’il faut que je paie un montant inconnu au conducteur (c’est-à-dire, au beau milieu du remue-ménage). Il démarre le bus en trombe, au milieu de la cohue de gens pas encore organisés, qui s’accrochent là où ils peuvent avant même que j’aie pu prononcer un euh! confus.

Je dois apparemment glisser la monnaie dans sa machine. J’essaie de lui faire comprendre que je ne sais pas combien. Il m’indique, d’un geste étrange, le nombre trois (non on ne compte pas de la même manière en Chine). Manquant m’étaler au sol sous l’oeil ahuri des Chinois à chaque virage, je finis par remplir ma première mission.

Le conducteur me dépose au bon endroit: loin du calme bucolique des alentours du lac. C’est un centre bourdonnant, qui donne un peu le vertige (surtout quand on n’y comprend rien). Je ne sais pas où aller. J’essaie de montrer la carte de visite à plusieurs passants, mais ils prennent des airs effrayés, voire offusqués. Ils font un pas brusque de côté si je les aborde et gesticulent à mon égard comme s’ils venaient d’apercevoir un fantôme.

Finalement, un homme courageux (j’imagine que l’uniforme aide) m’indique une bâtisse, à quelques mètres. Et là… il s’agit un centre commercial spécialisé dans l’électronique, mais dans la forme, ça ressemble plutôt à un marché au poisson. Me voilà à chercher une carte SIM avec un petit dessin de carte SIM, parce que, tête en l’air, je n’ai pas trouvé d’objet pointu pour extraire celle que j’aurais pu montrer en exemple.

Au bout de trente minutes de délibérations muettes, la demoiselle, que j’avais interpellé au hasard, pousse un cri de victoire et me fait signe d’attendre. Elle m’apporte une panoplie de cartes mémoire, avec un sourire jusqu’aux oreilles. Je commence à douter de mes talents artistiques: j’aurais dû m’appliquer un peu plus en cours de dessin d’observation. Elle persiste, cependant, elle veut absolument aider… admirable! Elle finit par m’emmener à un stand de télécom. Serais-je au bout de mes peines?

Je montre mon dessin, et j’écris un gros 3G à côté. Des sourcils se haussent. Mais on a une solution: on me ramène un jeune homme qui parle l’anglais! (je peux le garder? …non? zut.) Seulement voilà, on veut me vendre une solution bien trop chère. Je n’ai pas besoin de plan téléphonique pour un an, messieurs, je ne suis là que pour deux semaines. Le vendeur fait la tête. On dirait un enfant de quatre ans qui n’a pas eu droit à sa crème glacée.

Je m’excuse et je repars, la queue entre les jambes, vers l’arrêt de bus, dont je tenterai en vain de déchiffrer les horaires.
J’aurais peut-être dû demander le chemin de retour aussi, à la guesthouse… Après une heure à tourner en rond, je saute, désespérée, dans un taxi. Avec une carte de visite (version chinoise, bien entendu) de la guesthouse à la main, pas de soucis, on arrive toujours à bon port.

La victoire passera par l’étranger

Au courant de mes déboires du jour précédent, le couple sino-américain entreprend de me sortir d’affaire.
Vivi est chinoise, elle est donc à même de se faire comprendre, contrairement à moi. Son anglais, cependant, n’est pas des meilleurs, alors la communication transitera de moi à lui, puis à elle et vice-versa.

Suzhou temple

Ils m’emmènent dans un petit magasin de télécom: il y a des cartes, des chargeurs, des téléphones et tout un tas d’autres objets en vrac. J’essaie de mettre l’accent sur la 3G: je veux absolument surfer, cela me permettra d’avoir un traducteur et un GPS. Compte-tenu des circonstances, ce ne sera pas un luxe.

« Oui oui, ça marche », qu’elle assure, notre petite vendeuse chinoise, avec son sourire le plus convainquant. Elle me pose une liste de numéros de téléphone sous le nez et je peux choisir, mais le prix variera en fonction… de la quantité de chiffres 8 ou 4. 8 c’est le chiffre porte-bonheur, quant au 4, c’est le contraire.

J’insère la carte dans mon téléphone, prête à crier victoire et… ça ne marche pas. On veut se faire rembourser, mais il n’y a pas moyen. La dame refuse sous tous les prétextes.

Bredouilles, on cherche une autre solution: les bureaux de China Unicom.
Ils ont tout ce qu’il me faut! Sauf qu’ils veulent mon passeport, et que bien entendu, je l’ai laissé à la guesthouse, à l’autre bout de la ville.

Mes nouveaux amis convainquent les employés à me délivrer un contrat sous condition que je faxe mes détails le lendemain. Chose que je ne ferai pas. Sans conséquences, heureusement.

Enfin satisfaite, je retourne vaquer à mon occupation principale: la recherche de nourriture. Dans le petit café que je choisis, les crachats bien sonores des cuisiniers me font frémir: j’espère qu’ils savent viser.

Lire la suite: En voiture! Prochain arrêt: Shanghai

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Par Corinne Stoppelli

Je suis Corinne, un petit oiseau libre. Sans domicile fixe depuis 2010, je sillonne la planète à la recherche d'inspiration et de points de vue différents. Sur Vie Nomade, je partage mon regard sur le monde, le temps et le changement, d'une plume sincère et d'un objectif curieux et ouvert. En savoir plus?

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(9 commentaires)

  1. Trop fort: tellement justes et réelles tes descriptions du « lost in translation » chinois…

  2. Amusante histoire, je te remercie ! :) Comment gères-tu la censure ?

  3. Anissa Belkheir

    Ouf, ça y est, j’ai rattrapé tout mon retard de lecture !
    Dis donc, quelles aventures ! N’empêche heureusement que tu as attendu le 3G et le net haut débit avant de partir à l’aventure… Si tu avais commencé ça à l’époque où on s’est connues… Houlala !Gros bisous loin là bas où tu es !

    • Haha, là en l’occurrence, elle m’aura malheureusement pas servi à grand chose :D Surtout que, quand j’ai enfin pu l’avoir, j’ai tourné en rond pendant 1h parce que y’avait des ‘problèmes de magnétisme’ dans toute la ville.

  4. Lucie Aidart

    Wow c’est vrai qu’on y pense pas forcément que côté pratique ça doit pas toujours être très évident quand les caractères sont différents de ceux dont on a l’habitude!

  5. Lulu la découverte

    Quelle aventure si on peut le dire comme çà !
    C’est vraiment dans ces moments là qu’on se rend compte de la fracture qu’il peut y avoir avec cette culture.

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