La vie
nomade

Attachement

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Il y a presque un an, je vous parlais de détachement… voilà que je m’y mets avec l’attachement. Loin, je l’espère, des clichés un peu kitsch sur l’amitié et les relations sentimentales en général, je soupèse de plus en plus régulièrement l’impact émotionnel de mon futur départ.

Il y a 2 semaines, pour la première fois, j’ai réalisé entièrement que j’allais vraiment le faire… Je vais vraiment partir, pour un bon moment, je vais tout laisser derrière moi… Dans six mois, si tout se passe comme prévu.

De plus en plus consciente de la vitesse à laquelle les choses et les gens changent, je sens qu’à mon retour, plus rien ne me sera familier comme auparavant.

Autour de moi, des fosses se creusent, des montagnes émergent. Certains de mes proches ont senti, comme moi, cet appel – symbole de notre éloignement à la fois futur et si proche et réagissent pour profiter du temps. D’autres l’ignorent totalement, parfois volontairement, dans l’espoir de limiter un peu les dégâts.

Et moi qui me croyais sans craintes, sans attaches, telle l’aventurière solitaire, je vois mon monde basculer derrière moi, je vois mon univers se refaçonner petit à petit, je vois les doutes, je vois… la peur.

La peur du choix. La peur du risque qu’engendre le choix. La peur de l’inconnu dans lequel me jette le risque. Je suis humaine, après tout.

Mais il y a des rêves qui semblent tout outrepasser, mus par je ne sais quelle force inconsciente: je ressens comme un goût de destinée.

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Par Corinne Stoppelli

Je suis Corinne, un petit oiseau libre. Sans domicile fixe depuis 2010, je sillonne la planète à la recherche d'inspiration et de points de vue différents. Sur Vie Nomade, je partage mon regard sur le monde, le temps et le changement, d'une plume sincère et d'un objectif curieux et ouvert. En savoir plus?

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(5 commentaires)

  1. Courage… C’est facile à dire de la part de « qui reste » et ne t’a même jamais rencontrée, mais dis-toi que tu pars à une époque où, si le monde n’est pas devenu plus petit, les possibilités de communiquer sont devenues, elles, énormes.

    Il y a quinze ans, ayant à peine rencontré celle qui allait devenir ma femme, je partais quelques mois au sud des Alpes. Notre seul moyen de communication, jeunes et désargentés, c’était les lettres. Les quelques jours d’attente entre l’envoi et la réception d’une lettre furent d’une angoisse profonde, cette toute petite et temporaire distance paraissant absolument insupportable.

    Aujourd’hui, dans quelques mois, tu pars bien plus loin, bien plus longtemps. Tu as raison, des changements vont survenir dans le monde que tu laisses derrière toi, des fossés peuvent se creuser, c’est bien que tu en sois consciente. Mais tu peux raisonnablement espérer pouvoir garder un contact avec ce monde et être informée de ces changements: il ne te sera pas totalement étranger le jour où tu repasseras par nos contrées. Toi aussi tu vas changer: si tu le pourras et voudras, quelque-chose de ce que tu deviendras tu nous le laisseras transparaître. Drôle de mélange pour ceux qui te connaissent et qui te retrouveront à la fois familière et changée… Une belle occasion de se redécouvrir?

    Par ton métier, tes passions, tu vis vraiment dans le « village digital »: tu ne peux, plus que nous, annuler distance, temps et changements. Mais tu as la possibilité d’en atténuer les effets, bien plus que nous ne l’avions il y a quinze ans.

    Je te suis étranger, et donc manque pas de toupet en t’écrivant ceci. Mais je te souhaite vraiment tout de bon pour ton entreprise, j’admire ta conviction et ta volonté de suivre ton coeur. Le fait que tu réalises que cela pourra avoir un impact sur d’autres et toi-même, et que tu t’interroges à ce sujet, est ce qui te fait humaine, et c’est probablement ce que les gens qui te sont le plus proches apprécient en toi. Crois-tu vraiment que quelque-chose d’aussi fondamental puisse changer?

    Meilleures pensées

  2. Sébastien

    Et pourtant, une fois lancé, cette peur disparaît, et on se retrouve LIBRE, et encore plus heureux d’avoir franchi le cap, de partir dans l’aventure.

    Je te souhaite une agréable vie nomade, et j’espère, un jour, te croisé sur cette terre.

  3. Merci à vous deux pour vos encouragements qui me vont droit au coeur <3

    J'espère à mon retour avoir toujours la possibilité d'être là pour ceux auxquels je tiens tellement, et leur apporter quelque chose de nouveau, de meilleur peut-être, j'espère...

  4. De près ou de loin, tout change et changera, mais en restant sur place la perspective disparait, tandis qu’au loin les frontières s’élargissent et que la découverte prédomine.
    L’essentiel demeurera, enrichi à ton retour par tes expériences.
    ;-)
    .-= <p><em>Lire le dernier billet de Madame Charlotte: Fractures</em></p> =-.

  5. maathieu

    Rassure-toi, le plus dur c’est pas de partir.

    Non, le plus dur, c’est le retour !

    Tellement dur que des fois tu peux avoir l’impression de ne plus être de nulle part…

    Un déraciné volontaire ne se réenracine pas facilement.

    Mais faut-il des racines pour vivre ?

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