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Adieu, nostalgie!

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Une immense couche de blanc s’étale à l’horizon. Tout en est recouvert, et si l’on sort un peu des chemins battus, on peut s’y enfoncer jusqu’aux genoux, ce qui a le don de me procurer un sentiment indiciblement positif.

Tout au somment de Fribourg, il y a cette falaise de laquelle on embrasse la ville d’un seul regard. Je m’y suis rendue tout à l’heure, bravant le froid, les pieds mouillés et une légère convalescence. Je ressentais le besoin de m’évader un instant, de m’éloigner de ce que je connais désormais par coeur.

La nostalgie en voyage

Là-haut, avec toute cette neige, les conditions étaient idéales: une ascension un peu éreintante pour moi, et puis une satisfaction de fouler la première, par endroits, ce doux manteau, suivie de cette paix légère que respire l’endroit.

Uniquement dérangée par quelques pépiements (des mésanges charbonnières), le passage d’un tracteur, et l’éventuel écho de certains véhicules au fond de la vallée, je me suis demandée si mes aspirations étaient justes. J’ai constaté qu’à cet instant précis je n’étais nostalgique de rien, et j’en ai soupesé l’importance: essentielle, je regarde devant.

Je n’ai jamais cherché à refouler le passé, au contraire j’y ai longtemps vécu terrée, comme par auto-procuration avec, en outre, l’impression vive d’y avoir été retenue prisonnière par une force inconsciente.

Aujourd’hui, il me semble que tout s’éclaire sur ma route, que le temps des regrets s’achève et laisse place à un terrain pur. Et je constate que la nostalgie, en me quittant, m’a comme délivré des chaînes qui retenaient mes rêves. Qu’il est bon de pouvoir regarder devant soi, de se dire que tout est encore à faire!

Je sais que bientôt, pour une chose ou une autre, la nostalgie s’emparera à nouveau de moi. Mais désormais, je sais aussi comment la considérer, comment la remettre à sa place. Je sais qu’elle peut être positive mais que, la plupart du temps, elle est une sorte de refuge à la réalité.

J’ai alors fait un choix. Je préfère rendre honneur à la vie, à l’instant présent, car c’est la seule vérité qui s’offre à nous, et je compte bien ne me laisser déposséder d’aucun de ces moments de lucidité.

Alors adieu, nostalgie!

Par Corinne Stoppelli

Je suis Corinne, un petit oiseau libre. Sans domicile fixe depuis 2010, je sillonne la planète à la recherche d'inspiration et de points de vue différents. Sur Vie Nomade, je partage mon regard sur le monde, le temps et le changement, d'une plume sincère et d'un objectif curieux et ouvert. En savoir plus?

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(2 commentaires)

  1. Guillaume

    J’adore tes écrits.. Ils sont vraiment parlant et en echo avec ce que je peux ressentir au quotidien, en moi.
    Et c’est assez rare cette impression que quelqu’un pourrait me comprendre, je me sens tellement en marge de la façon de pensées d’à peu prés tous les gens autour de moi, de cette société aussi..

    Je lis ton blog depuis 1 semaine à peine, et je compte bien tout lire ou pas loin.

    J’espère que tu pourras un jour écrire ton livre, je l’achèterais sans hésiter en tout cas :)

    Jte dis A+ parce que je ne vais pas m’empêcher de commenter tes articles, quand j’en ressentirai l’envie !

    • Merci Guillaume, ça me touche énormément! On n’est pas seuls, juste un peu isolés parfois :) Dieu que cet article est vieux, 2008, je n’étais même pas encore partie mais le changement était prêt dans ma tête. C’est fou de regarder en arrière et de voir tout ce qui a été fait à partir du moment précis où j’écrivais ces lignes. J’espère que tu apprécieras le reste de tes lectures ;)

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