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Corinne

Fuerteventura, un road trip au fil du vent

Fuerteventura: n’est-ce pas là un nom qui appelle à l’aventure? Il se réfèrerait plutôt au vent fort, qui est sans aucun doute le totem de l’île. Traduit de l’espagnol, il pourrait décrire une forte chance, un puissant hasard ou encore une grande félicité. Cette île, c’est un peu tout ça pour moi. Découvrez ce joyau de l’archipel des Canaries à travers un itinéraire road trip d’une semaine, accompagné de récits, d’anecdotes et de bonnes adresses.
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Road trip à Fuerteventura, l'itinéraire

Tetir, lovés au coeur de l’île

Bienvenue aux Canaries! Le plaisir immédiat des sons chantants de l’espagnol, la chaleur agréable et la bonne humeur que procure généralement le soleil nous caressent déjà dans la passerelle qui relie notre engin volant à la terre ferme (mais flottante). Il fait 20°C, c’est correct pour un 7 février, ou tout du moins lorsque l’on arrive de Suisse. On se met immédiatement en t-shirt, puis on se recouvre, se découvre, se recouvre. La rhétorique du vent aura vite raison de notre indécision.

Pour m’être baladée à plusieurs reprises sur d’autres îles de l’archipel (Tenerife et Gran Canaria), je sais qu’une voiture ne sera pas un luxe. Alessandro, mon compagnon, est toujours un peu frileux à l’idée de conduire mais moi c’est encore pire: je n’ai pas le permis (et pourtant j’aime conduire). Mais comme le vent (toujours à mes côtés), je le convaincs assez facilement.

L’île n’étant pas géante (1’660km2) nous avons choisi une base au coeur du territoire, à partir de laquelle rayonner. Nous nous fondrons comme deux gouttes d’eau dans les 797 habitants du village de Tetir. Son nom me rappelle la pré-histoire, peut-être parce qu’il sonne un peu comme Téthys, l’océan qui grignotait autrefois la Pangée, mais sans doute aussi à cause du relief sauvage (il ne manque plus que quelques dinosaures). Bref, Tetir, ce sont des maisonnettes éparpillées entre vallonnements et terrasses, la place Juan Rodríguez, l’église ancienne de Saint-Dominique et la montagne Temejereque (511m) qui joue de son ombre sur tout ça. Outre son agréable situation (dans le calme le plus parfait de la campagne), Tetir est à quinze minutes en voiture de Puerto del Rosario, le chef-lieu de Fuerteventura: pratique pour aller faire les courses, car nous cuisinerons chaque soir en prenant soin d’ajouter à nos repas beaucoup d’amour et d’ingrédients canariens.

église de Saint-Dominique (Santo Domingo de Guzmán) à Tetir

La petite église de Saint-Dominique (Santo Domingo de Guzmán) à Tetir date de 1745.

Place Juan Rodríguez à Tetir
Place Juan Rodríguez à Tetir

La place Juan Rodríguez, ici et au-dessus, dans le village de Tetir.

Village de Tetir à Fuerteventura

Le village de Tetir, vu des collines environnantes

Aussitôt arrivés à Tetir, Alessandro aperçoit la montagne de Temejereque et annonce « on va grimper là-haut ». C’est une balade courte, avec une partie assez escarpée mais globalement facile et surtout, la perspective à 360° en vaut la peine.

Randonnée sur la montagna Temejereque à Tetir Randonnée sur la montagna Temejereque à Tetir Randonnée à Fuerteventura Randonnée à Fuerteventura Tetir vu de la montagne Temejereque Montagne Temejereque à Tetir

À la base de la montagne, nous découvrons un curieux cimetière d’animaux. L’endroit est parsemé d’ossatures brillantes et en parfait état. D’un charme glauque que j’aime assez (vous vous êtes peut-être déjà faits à mon amour pour les cimetières).

Randonnée sur la montagna Temejereque à Tetir

Dormir à Fuerteventura

En visite sur les îles, j’ai tendance à éviter les nombreux resorts (voire villes-resorts) qui à mon sens défigurent la côte et proposent souvent des services adaptés à une clientèle étrangère, pour des coûts supérieurs. Je préfère donc, comme souvent, loger chez l’habitant avec Airbnb – et c’est ainsi que j’ai trouvé notre petit appartement à Tetir, illustré ci-dessous. Notre hôte nous a d’ailleurs proposé mille tuyaux pour découvrir l’île en long et en large! Si vous ne connaissez pas encore le service, consultez mon guide Airbnb. À votre inscription, suivez ce lien pour obtenir un crédit de 40€.

Si vous pensez être plus à l’aise à l’hôtel, j’ai repéré deux très jolis boutique hôtels du côté de Corralejo, tout au nord de l’île: Avanti Boutique Hotel et KATIS Villas Boutique. Pour un séjour plus rustique, pourquoi pas l’hôtel rural Mahoh à Villaverde (assez proche de Tetir d’ailleurs).

Notre Airbnb à Tetir, Fuerteventura
Airbnb à FuerteventuraLouer un appartement à FuerteventuraAirbnb aux Îles Canaries
Notre joli petit appartement au coeur de la nature dans le village de Tetir, déniché sur Airbnb

Randonner autour de Tetir

Il y a de nombreux sentiers de randonnée autour de Tetir, comme partout dans l’île d’ailleurs. À votre arrivée à l’aéroport de Puerto del Rosario, n’hésitez pas à demander la carte des sentiers au petit office de tourisme qui se trouve à la sortie, près des guichets de location de voiture.

Manger autour de Tetir

Nous avons dégusté la parrillada (la grillade!) du dimanche au village de Lajares au restaurant Los Piratas, Casa Martin. On m’avait bien parlé de leur poulet qui se révèle en effet délicieux, de même que leur tapas. Ici c’est ambiance rustique et tout a l’air bon et fait maison!
L’addition: Nous avons payé la modique somme de 35€ pour deux coupes de rouge de la casa, une portion de pain et aioli, 1/2 portion de fromage frit, 1/2 portion de poulpe, 1/2 portion de croquetas de pollo (croquettes au poulet), 1 plat de poulet grillé à partager, une tarte au chocolat à partager, 1 grande bouteille d’eau, et deux cafés.
C/ Coronel Gonzalez del Hierro 14, Lajares (à côté de la pharmarcie, il y a des places de parc juste devant)

Manger à Lajares: Los Piratas, Casa Martin

Itinéraire 1 – Nord-ouest de Fuerteventura: El Cotillo et le Jable de Tebeto

À Fuerteventura donc, je retrouve le plaisir du vent.
Dans les oreilles: puissant lorsque la voiture roule sur la principale, couvrant notre playlist, puis sifflant et inquiétant lorsque nous sommes assis au bord de la falaise, minuscules.
Sur la peau: rafraîchissant lorsque bat le soleil mais une légère torture à l’ombre parce que d’enthousiasme, on s’était trop découvert.
Dans les yeux: la traînée de poussière que l’on laisse sur les pistes de gravier qui s’arrêtent face à l’infini de l’océan.
Dans le nez: les fumets du poisson frais du jour, pêché juste à côté et grillé avec beaucoup d’ail, à l’espagnole.
Sur les lèvres: les paroles qui se perdent face à tant de beauté, celle du désert et de la mer, enlacées. La beauté d’une île.

Road trip à Fuerteventura: route de Tetir à La Oliva Road trip à Fuerteventura: route de Tetir à La Oliva Road trip à Fuerteventura, El Cotillo

Après nous êtres installés, nous prenons le temps de tracer un itinéraire approximatif grâce à la précieuse aide de notre hôte canarienne qui connaît l’île comme sa poche. Nous y reviendrons plus d’une fois, au jour le jour car il y a tant à voir et à faire ici que les choix sont difficiles. Aussi, Fuerteventura paraît petite, mais un peu comme en Corse, la durée d’un trajet se calculerait idéalement en virages et passages en terre difficiles.

En ce jour n°2 nous prenons donc la route vers le village de El Cotillo, à l’extrémité nord-ouest de l’île, en traversant La Oliva et Lajares. Même si les virages restent de l’ordre raisonnable et que les routes sont en excellent état, les premières petites tensions se font sentir pour Alessandro qui n’a pas l’habitude de conduire. Tensions qui s’effaceront aussitôt assis à notre table de restaurant face aux falaises, prêts à manger du poisson. Une île, ça n’a presque que des avantages (oui, nous nous emportons facilement). Le voilà déjà à faire son plan de retraite, à s’intéresser au prix des maisons! Je connaîtrais bien une autre option que d’attendre la retraite… Enfin je dis ça…

El Cotillo, Fuerteventura El Cotillo, Fuerteventura

Manger à El Cotillo

Nous avons choisi le restaurant El Roque de Los Pescadores afin de déguster les produits fraîchement pêchés en admirant les vagues qui s’écrasent contre les escarpements… Le personnel a été franchement sympathique et agréable, sans parler de la vue et de la qualité des mets. Un beau cinq sur cinq pour cet établissement!
L’addition: Pour deux entrées (poulpe et pain à l’ail) un joli éventail de sauces offert, deux fabuleux poissons du jours qui me rappellent le vivaneau rouge (c’était peut-être ça d’ailleurs), un sorbet, un café, et une coupe de vin blanc de la casa, nous avons payé 58€.
Calle la Caleta 73, El Cotillo

Manger à El Cotillo Restaurant El Roque de los Pescadores à El Cotillo
Notre repas au restaurant El Roque de Los Pescadores à El Cotillo
Les falaises de El Cotillo

Qui dit extrémité d’île, dit phare. Juste à côté du village El Cotillo, une route nous mène jusqu’au phare du Toston (soit du croûton). Ou plutôt aux deux phares, l’un plus ancien reconverti en musée de la pêche traditionnelle, et l’autre entièrement automatisé, peint en rouge et blanc. Tout autour, anciennes coulées de lave et sable forment de petites criques et plages, si venteuses que les gens ont créé des sortes de tourelles de pierre pour s’y protéger lors de leurs bains de soleil.

Faro El Tostón, près d'El Cotillo
Phare El Tostón, près d'El Cotillo

Les abris contre le vent faits maison.

Fabagelle Desfontaines, végétation de Fuerteventura

La jolie fabagelle de Desfontaines, qui ne craint pas le soleil et aime le sable. En espagnol, on l’appelle le raisin de mer (uva de mar).

Nous reprenons ensuite la route vers le village de Tindaya, à l’ouest duquel nous trouverons la piste qui nous emmène littéralement au bout du monde. L’usage du mot piste est correct: plus de route ici, juste de la terre et un peu de gravier qui mènent vers l’horizon. À Tindaya, un panneau écrit à la main près d’un pâté de maison crie « Roulez plus lentement, ici on mange la poussière! ». Il ne manque plus que quelques boules d’herbe sauvages et nous pourrions tout aussi bien nous trouver dans le far-west. L’usage de l’expression bout du monde est tout aussi correcte: à la fin de la piste, il faut savoir s’arrêter sous peine de finir tout droit en vol plané dans l’océan. Avis aux amateurs de sensations, les barrières de sécurité ne semblent pas faire partie du concept canarien. Nous roues nous mènent donc jusqu’ici, au Jable de Tebeto, où la mer se brise inlassablement sur les rochers. Nous la regarderons sagement d’en-haut.

Jable de Tebeto, FuerteventuraJable de Tebeto, FuerteventuraFalaises près de Tindaya, FuerteventuraJable de Tebeto, Fuerteventura

Louer une voiture à Fuerteventura

Bien que certains recommandent un 4×4 pour parcourir certaines des pistes de l’île (comme p.ex. de Morro Jable à Cofete, dont je parle dans l’itinéraire n°4), nous n’avons pas rencontré des difficultés autres que la peur de nous écraser dans le néant avec notre jolie petite Citroën C1. Bref, avec un 4×4 ça aurait été pareil.
La plupart des loueurs ont leurs guichets juste à la sortie de l’aéroport, ce qui vous permettra de prendre votre véhicule immédiatement à l’arrivée et de la rendre au retour. Prenez patience pour la file à l’arrivée et pensez à réserver avant afin de ne pas avoir à faire le tour de tous les guichets (et donc de toutes les files). Avec un comparateur online tel que AutoEurope vous pouvez vous assurer d’obtenir un meilleur prix.

Louer une voiture à FuerteventuraLocation de voiture à Fuerteventura
Notre jolie Citroën C1 à toit ouvrant, because soleil!

Pour Alessandro, ce sont de vraies vacances. Ses vraies premières vacances même, dans le concept « je pars glander sur une île sans penser à rien » (mais de façon intelligente, of course). Pour moi c’est une bouffée d’air existentielle. C’est aussi le partage de ce qu’il y a de plus important dans ma vie: la route, la beauté du monde, les mille informations du lieu nouveau qui te chatouillent le cerveau. Et tout ça commence bien: nos moments de contemplation s’étalent parfaitement côte à côte de ceux durant lesquels, pris de frénésie, on bouffe du paysage au volant ou à pied. Il n’y a pas un instant que nous voudrions passer autrement.

Falaises près de Tindaya, Fuerteventura

Itinéraire 2 – Sud-est de Fuerteventura: la Costa Calma

Nous prenons la route pour le sud-est de l’île, direction la Costa Calma et ses plages infinies de sable blanc, en parcourant le centre de l’île, de Tetir à la ville d’Antigua.

Road trip à FuerteventuraRoad trip à Fuerteventura Road trip à Fuerteventura, Costa Calma

Il s’agit de l’une des plus anciennes villes de l’île, fondée en 1485 par les colons. Les couleurs du paysage volcanique me rappellent tour à tour l’Islande, puis l’Auvergne, puis Israël pour son côté désertique.

À l’entrée d’Antigua, nous faisons halte au musée du fromage (comment résister?), le Museo del Queso Majorero. Le fromage à Fuerteventura, c’est quelque chose! L’île regorge de chevriers et les bêtes décorent partout les paysages volcaniques. La fabrication du fromage canarien est déjà louée dans les chroniques de l’expédition de Jean de Béthencourt en 1402. Tout au long de notre voyage nous apercevrons, outre ces biquettes majoreras autochtones peu peureuses, les nombreuses fermes pratiquant la vente directe de leurs fromages, ainsi que les petits moulins typiques d’époque.

Chèvre majorera, Fuerteventura

La chèvre majorera, une autochtone solide qui n’a pas peur de la caillasse!

Le musée du fromage d’Antigua

Le musée du fromage est plus qu’une petite exposition sur le fromage: sa bâtisse canarienne offre quelques perspectives architecturales intéressantes, la visite d’un moulin, ainsi qu’un jardin de cactus. Au petit magasin, vous pourrez déguster les fromages de diverses localités autour de l’île et bien entendu, les emporter avec vous.
Coût de l’entrée du musée: 2€

Musée du fromage à Antigua, Fuerteventura Musée de l'artisanat à Antigua, Fuerteventura Musée de l'artisanat à Antigua, Fuerteventura Musée du fromage à Antigua, Fuerteventura

Après cette halte, nous continuons notre route jusqu’à la ville de Gran Tarajal (soit grand tamaris), histoire de croquer quelque chose avant d’atteindre la plage. C’est tranquille et joliment aménagé, quelques rares touristes se baladent en bord de mer, et je retrouve tous mes vieux souvenirs d’enfant et d’adolescente en vacances à la mer: les allers-retours inlassables sur le sable, les glaces méritées ou moins, l’odeur du sel et du poisson, les amourettes. Au bras d’Alessandro, j’ai l’impression que tout ça est tellement loin derrière moi, et pourtant si proche. On perd la notion du temps et quel bien ça nous fait.

Plage de Gran Tarajal Steet art à Grand Tarajal
Steet art à Gran Tarajal

La petite ville de Gran Tarajal est littéralement envahie de street art.

Quel plaisir aussi, de lui faire essayer des tapas en terrasse (avec vue mer en prime!). De prime abord le concept lui échappe un peu, mais il est instantanément conquis par le fromage de chèvre frit et enrobé d’amandes. Et moi je revis toutes les terrasses de Barcelone et le doux répit, malgré les difficultés et la douleur, que la ville m’a offert.

Manger à Gran Tarajal

Nous avons choisi le restaurant Tapaventura pour un set de tapas avec vue mer! Pas le repas le plus léger, on en conviendra, mais il paraît que plus c’est gras plus c’est bon non? Note spéciale de cinq étoiles au fromage de chèvre frit enrobé d’amandes, miam!
L’addition: pour 27€, nous avons dégusté le fromage de chèvre frit enrobé d’amandes, des pommes de terre bravas (morceaux de pommes de terre frits accompagnés d’une sauce piquante), des croquettes diverses (au fromage, au poisson, au poulet, etc), des calamars à l’andalouse, deux boissons et deux cafés.
Av. Paco Hierro 1, Gran Tarajal

Tapaventura à Gran TarajalManger à Gran TarajalManger à Gran Tarajal
Notre repas à Tapaventura, Gran Tarajal

En route, nous faisons une brève halte dans le minuscule village de pêcheurs de La Lajita. Sa région est connue pour être la vallée verte de Fuerteventura. Notre hôte nous a raconté que son fils, lorsqu’il l’a vue pour la première fois, s’est mis à pleurer tellement c’était vert. C’est particulièrement frappant sur la route car l’on semble pénétrer temporairement dans une mini-jungle. À l’extérieur de la ville, il est possible d’y visiter un grand jardin botanique.

La Lajita, village de Fuerteventura

La Lajita, petit village de pêcheurs

Et finalement, nous atteignons l’objectif principal de cette journée: l’impressionnante Costa Calma, l’infinie plage de Jandia, paradis de tous les amateurs de vent et de sel. Je ris de l’optimisme que nous avons eu en emportant avec nous nos maillots de bain: le vent pousse tellement fort qu’on porte des coupe-vents (et lui carrément une doudoune!) à 20°C. Il y a bien quelques courageux qui se baignent; l’eau est plutôt bonne et je suis d’ailleurs persuadée qu’on est mieux dedans que dehors… Reste qu’il faudra en sortir et lutter ensuite contre les éléments.

Non seulement la Playa Jandia est énorme, elle est aussi particulière de par ses lagons qui la traversent de toutes part (et qu’il faut traverser de toutes part). Les amateurs de kitesurf et de windsurf sont partout, et si vous en pratiquez, Fuerteventura semble être la destination idéale, peu chère et pas si loin.

Plage Jandia, Costa CalmaPlage Jandia, Costa CalmaPlage Jandia, Costa CalmaPlage Jandia, Costa CalmaPlage Jandia, Costa Calma

Rejoindre le sud de Fuerteventura depuis Puerto del Rosario

Il y a grosso modo trois possibilités:

  • Rapide et simple: l’autoroute n°2 qui commence dès Puerto del Rosario. Elle longe en grande partie la côte et offre quelques jolis points de vue (mais ça reste une autoroute)
  • Bucolique: la n°20 qui passe par Antigua et Tuineje pour rejoindre soit Gran Tarajal, soit directement La Lajita (c’est l’itinéraire n°2, dont je vous parle juste au-dessus). Elle donne un très bel aperçu des reliefs et des plaines du centre de l’île, de ses jolies chèvres et villages anciens.
  • Hardcore (non, je n’exagère point): la n°30 qui traverse le Parc Rural de Betancuria et rejoint les villes de Betancuria et de Pajara. Sur la route, vous trouverez quelques points de vue notoires comme le Mirador de Morro Velosa, ses statues et l’observatoire astronomique un peu plus loin. Ici, c’est plein la vue à chaque virage. Pajara est plutôt charmante et vaut certainement une petite halte. Je vous parle plus en détails de cette route dans l’itinéraire n°4, plus bas. Si vous passez par là, faites très attention aux nombreux cyclistes!

Itinéraire 3 – Nord-est de Fuerteventura: Corralejo et randonnée sur l’Islote de Lobos

Road trip à Fuerteventura, Corralejor et Isla de Lobos

Notre troisième jour à Fuerteventura est entièrement dédié à la visite d’une petite île annexe (vieille de seulement 7000 ans!), l’Islote de Lobos (l’îlot aux loups), tout au nord.

Pas l’ombre d’un loup de mer ici (ils n’y viennent plus). Il y a par contre, dans cette réserve naturelle qui abrite 130 espèces végétales et animales, des sentiers et des beautés naturelles à n’en plus finir et des points de vue qui laisseraient n’importe quel amateur de terre et de vent rêveur.

La Caldera, point culminant de l'Isla de Lobos, Fuerteventura
La Caldera, point culminant de l'Isla de Lobos, Fuerteventura

Sur le (demi) volcan de l’île, La Caldera (127m). Le restant du cratère forme un fer à cheval.

Lézard de Fuerteventura
Phare de l'Isla Lobos, Fuerteventura

Le phare Faro de Martiño, automatisé en 1968 (à l’époque, le seul habitant était le gardien). Plus personne ne vit désormais sur l’île à l’année, mais il y a tout de même quelques maisonnettes de pêcheurs.

Nature et végétation sur l'islote de lobos, fuerteventura
Lagunitas de l'Islote de Lobos, Fuerteventura

Las Lagunitas (les petites lagunes) de l’île, avec une végétation endémique et d’un vert frappant.

El Puertito, Islote de Lobos

El Puertito, où se trouvent les seules habitations (temporaires) de l’île et le restaurant.

Se rendre à l’Islote de Lobos

Vous trouverez certainement une place de parc au port de Corralejo, duquel vous pouvez prendre un ferry pour l’Islote de Lobos, dans le terminal (nous avons payé 15€ par personne pour l’aller-retour). La ride est plutôt sympa par mauvais temps car les vagues peuvent être immenses et vous décollez pratiquement du siège. Sur l’île, il y a *un* restaurant dans lequel il faudra réserver votre repas à l’arrivée: il paraît qu’il est tenu par les descendants de l’ancien gardien du phare. Nous avons plutôt choisi d’emporter un pique-nique, histoire de prendre notre temps sur l’île sans trop penser au repas.

Nous sommes partis le matin de Corralejo avec le premier ferry de 10:00, et revenus avec celui de 16:00, nous laissant le temps de nous balader aussi dans la ville de Corralejo, un coin plutôt touristique, surbondé de boutiques en tous genre (on dirait un duty-free géant). Pas vraiment notre trip, mais il faut admettre que les ruelles du centre sont belles… et les coiffeurs bon marché!

Manger à Corralejo

Difficile à Corralejo, de trouver un restaurant qui ne se soit pas sur-adapté à sa clientèle des quatre coins du monde. Mais nous choisissons plutôt bien avec Rompeolas, au bord de la mer, attenant à l’Avanti Boutique Hotel dont je vous parle plus haut. Le poisson du jour est un bocinegro (pagre). Nous dégustons aussi un pâté de mérou et des fromages locaux frits exquis. Johnny, le serveur très sympathique, nous conseille de manger la joue du poisson à la fin: le meilleur morceau!
L’addition: Pour un pâté de mérou gracieusement offert, deux entrées (un plat de fromage frit de l’île et des calamars), deux poissons entiers (des bocinegros, ou pangres), deux desserts (des truffes et un tiramisu faits maison) ainsi que deux cafés, nous avons payé 75€.
Calle Delfín 1, Corralejo

Restaurant Rompeolas à Corralejo
Manger à Corralejo: restaurant RompeolasManger du poisson à CorralejoManger à Corralejo
Notre repas au restaurant Rompeolas, à Corralejo

Sur le retour, nous traversons les dunes du Parc Naturel de Corralejo, qui s’étendent sur une bonne partie du nord-est de l’île. Il est possible de s’y balader ou d’accéder à ses plages. Cause temps un peu menaçant et soleil qui tombe, nous n’y feront qu’une très brève halte.

Dune de Corralejo

Les dunes du Parc Naturel de Corralejo

Itinéraire 4 – Sud-ouest de Fuerteventura: Cofete la quasi inaccessible

Road trip à Fuerteventura, Punta de Jandia et Cofete

Pour notre dernier jour à Fuerteventura aux Canaries, nous avons vu les choses en grand… un peu plus grand que prévu, en fait. Nous avons repris la route vers le sud, mais du côté ouest de l’île où se trouve le phare de Punta Jandia (le bout du monde!) et, plus loin encore, l’immense plage de sable clair de Cofete.

Puisque nous étions déjà descendus ou remontés autant par l’autoroute, que par la n°20 (qui passe par Antigua et Tuineje), je décide sans trop réfléchir d’explorer la troisième option. C’était surtout parce que je voyais du relief et des points de vue marqués sur notre bonne vieille carte routière. J’étais assez loin de me douter de la difficulté qu’elle représenterait pour Alessandro qui souffre de vertige.

Morro Velosa, Fuerteventura
Morro Velosa, Fuerteventura

Les statues de Morro Velosa (c’est là que j’ai fait le shooting pour mon bagage à main!)

Jusqu’à l’observatoire astronomique juste après Morro Velosa, tout se passe bien. Puis ça se corse, ça se corse tellement que regrette d’avoir emmené Alessandro par là. On voit arriver un bus en face dans un virage lointain, et on se demande si on va survivre ou finir dans le ravin. C’est serré… Mais la visuelle est fantastique.

Road trip à Fuerteventura, vers Betancuria Road trip à Fuerteventura, vers Betancuria

Après Betancuria, les choses commencent à se tasser et, passée Pajara, elles redeviennent tout à fait vivables jusqu’à la ville de Morro Jable. Après Morro Jable, même si les distances semblent courtes, la route se transforme en piste de terre et de gravier avec un nombre consistant de virages.

La route de Morro Jable à Jandia

À notre droite le relief de l’île, à notre gauche on longera l’Atlantique jusqu’au petit point blanc qui se profile à l’horizon: Puerto de la Cruz, le village du bout du monde (encore un!). On se demande qui a bien voulu poser des habitations là, face à la claque constante de la mer, au creux du rien du tout. Certainement quelqu’un qui devait me ressembler un peu. Inventaire des lieux: une éolienne, quelques barques de pêcheur, deux-trois maisonnettes, et des chèvres qui semblent s’être égarées.

Puerto de la Cruz, JandiaPuerto de la Cruz, Jandia

À cinq minutes du village il y a l’attraction locale, le phare de Punta Jandia. Tout autour de celui-ci, les visiteurs ont laissé mille messages de pierres volcaniques (et c’est plus joli que les cadenas amassés sur les ponts). Je suis contente de voir que quelques autres visiteurs ont bravé la route pour venir jusqu’ici, afin de profiter des beautés de l’île en cette période qui n’est certes pas la plus balnéaire. Voyagez hors-saison les amis!

Phare de Punta Jandia Faro de Punta Jandia Phare de Punta Jandia, Fuerteventura

Arrivés à si bon point et malgré le stress causé par les routes un peu particulières, nous avons décidé de continuer vers notre objectif final, la plage de Cofete. Nous sommes donc revenus quelques kilomètres en arrière pour ensuite bifurquer vers l’intérieur de l’île afin de joindre la côte ouest et Cofete, au coeur du Parc Naturel de Jandia. La route tournicote et grimpe assez tranquillement….

Road trip Fuerteventura, route de Morro Jable à Cofete

… jusqu’au précipice. Flippance totale! Imaginez une route à une seule voie mais à double sens, en terre et gravier, sans barrières de protection. Vous passez un virage et boum, c’est l’infini qui se projette au-delà de la portée de votre regard. Même sans avoir le vertige, ça vous prend dedans. Bon, de toute manière, on ne peut pas faire demi-tour, il va falloir continuer. Le supplice est prolongé par l’idée qu’il va nous falloir revenir par ici ensuite, mais côté falaise. Nous vivons un curieux mélange d’attraction et de répulsion pour le spectacle sublime qui s’offre à nous, en bas, à pic.

Road trip à Fuerteventura, de Morro Jable à Cofete

J’apprendrai par la suite que la route qui mène de Morro Jable à Cofete fut construite dans les années 40 par des bagnards.

Plage de Cofete et caldera, Pico de Zarza

Le Pico de Zarza (Pic de la Ronce), le plus haut sommet de Fuerteventura (807m) fait partie du cratère de Jandia, qui s’est à moitié effondré.

Arrivés au bout, nous traversons le minuscule village de Cofete, encore plus minuscule que Puerto de la Cruz. Il y a toujours un autre bout du monde après ce qu’on croyait déjà être le bout du monde.

Village de Cofete, Fuerteventura

À 1km du village, la plage vierge et dorée de Cofete qui s’étend sur 8km et son petit cimetière matin. Une jolie surprise pour qui aime, comme moi, les cimetières (déjà deux mentions de cimetières dans un article, wow). Sa raison d’être? Trop compliqué d’emmener les morts de l’autre côté de la vallée, d’après le petit panneau à l’entrée. Il paraît qu’on y ensevelissait les bagnards qui contribuèrent à la construction de la route. Ses petites croix en bois à moitié ensevelies par le sable semblent dater de quelques siècles, d’une époque bien plus lointaine.

Cimetière marin de Cofete

Sur la plage de Cofete le vent souffle fort (comme partout ailleurs sur l’île, n’est-ce pas), les vagues se déchaînent sous nos yeux. Nous prendrons une pause sur son immense langue de sable restée humide, à contempler les éléments, et à revenir sur cette semaine d’aventure qui touche à sa fin.

Plage de Cofete, Fuerteventura Plage de Cofete, Fuerteventura Plage de Cofete, Fuerteventura

J’ai retrouvé, pour la première fois depuis bientôt 7 ans, le sens du concept de « vacances » dont j’ai été détachée depuis mon départ pour la vie nomade en 2010. Le voyage est devenu mon style de vie, mais il a fallu que je me mette en pause (pour une durée un peu trop longue à mon goût) afin de réparer et renforcer certains morceaux de ma vie encore très délicats. Je suis donc reconnaissante d’avoir eu droit à ce répit, et d’avoir permis à mon compagnon de vivre ce fort avant-goût d’évasion en ma compagnie. On dit que l’amour, c’est regarder dans la même direction et cette semaine, nous avons souri et rêvé aux mêmes horizons.

Plage de Cofete, Fuerteventura

Le dragon de Cofete nous salue

Road trip à Fuerteventura, de Morro Jable à Cofete

Aller plus loin

Vous trouverez sur le site Via Gallica une foule d’information culturelles, historiques et naturelles. C’est une mine d’or à l’aspect certes assez brut: il ne faut pas avoir peur de fouiller!

Remerciements à Auto-Europe pour nous avoir gentiment prêté un véhicule pour ce voyage! Toutes les opinions et choix éditoriaux me sont propres.

Par Corinne Stoppelli

Je suis Corinne, un petit oiseau libre. Sans domicile fixe depuis 2010, je sillonne la planète à la recherche d'inspiration et de points de vue différents. Sur Vie Nomade, je partage mon regard sur le monde, le temps et le changement, d'une plume sincère et d'un objectif curieux et ouvert. En savoir plus?

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(Un commentaire)

  1. Wow, alors là superbe! Je ne connais pas du tout ce coin, ça a l’air très beau (et en plus j’adore la traduction de son nom haha!)

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