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Corinne

Entre les deux Valais

Pour l’anniversaire de mon père l’an passé, j’avais envie de partager avec lui ma joie de respirer l’air pur de nos belles montagnes et lui faire vivre un week-end plein de petits plaisirs, pas trop loin de chez lui, mais assez loin pour qu’il soit dépaysé. Nous avons donc pris la route pour un week-end en Valais.
Barrage de la Grande Dixence

Au pied du barrage de la Grande Dixence à Hérémence, dans le Val d’Hérens, Valais

Le Valais, région mi-germanophone (Haut-Valais) et mi-francophone (Bas-Valais) est réputée pour son fendant (un vin blanc), son fromage à raclette, ses vaches combattantes (les reines), son soleil, et la bonne humeur de ses habitants. « T’as où la vigne? » demanderait-on à l’habitant de ce canton à la pluviométrie acceptable (il échappe aux rudesses aquatiques, protégé par ses hautes montagnes), histoire de savoir où il habite. Bien sûr, il ne s’agit là que de vulgaires (mais très véridiques) clichés, histoire de situer un peu le quartier.

Monstre bienveillant: barrage de la Grande Dixence

Dans mes ingrédients pour le week-end parfait, il y a toujours un élément ou deux qui sont là pour impressionner la galerie. Ce n’est pas tout d’apprendre et de respirer: parfois un petit quelque chose rappelant la grandeur de la nature (mais aussi la force de l’homme) apporte le soupçon nécessaire à rendre une journée inoubliable.

À Hérémence, dans le Val d’Hérens, on a littéralement déplacé des montagnes: la Grande Dixence est le plus haut barrage-poids au monde (285m). Question poids, il n’est pas en reste non plus, il pèse plus que la grande pyramide de Kheops (15 millions de tonnes). Et le plus fou, c’est de se dire que ce sont de minuscules êtres humains comme vous et moi qui on construit cette affaire, à contre-courant, sur une durée de huit ans. Si impressionnant que même Jean-Luc Godard est venu y tourner un documentaire.

Vous consommez autant d’énergie pour aller skier une journée que pour repasser 4’500 chemises.

Barrage de la Grande Dixence
Edelweiss

J’ai cherché l’edelweiss durant toute ma vie, à force de randonnées, et la voilà enfin sous mes yeux… poussant sans crier gare entre les voitures, sur la place de parc du barrage de la Grande Dixence.

L'hôtel de la Grande Dixence

L’hôtel de la Grande Dixence avait été construit pour accueillir ses ouvriers durant de longs travaux.
Il reçoit désormais touristes et randonneurs.

Au coeur du géant

Des visites guidées des entrailles du géant sont organisées de mi-juin à fin septembre. C’est aussi impressionnant de l’intérieur que de l’extérieur: vous apprendrez tout ce qu’il faut sur son histoire et sa puissance… Prix pour un adulte: 10CHF (environ 10€). Parce que les places sont limitées, pensez à arriver un peu avant l’heure des visites. À éviter si vous souffrez de claustrophobie. Plus d’infos

Tunnels de la Grande Dixence

Au coeur du géant!

Le lac des Dix

Mais que serait cet ingénieux géant sans sa matière première? Il est possible de monter sur le barrage, à pieds ou en télécabine, afin d’admirer les reflets laiteux du lac des Dix, qui recueille l’eau de trente-cinq glaciers. J’espère que vous n’avez pas trop le vertige, par contre.

Chaque jour, les Suisses parcourent 8’500 fois le tour de la terre, dont 3’700 pour leurs loisirs.

Barrage de la Grande DixenceLac des dix à HérémenceVue du Lac des dix à HérémenceBarrage de la Grande Dixence

S’offrir la vue du lac des Dix

Il est possible de monter à pied ou en télécabine sur le barrage de la Grande Dixence. Il existe d’ailleurs un forfait combinant télécabine et visite guidée du barrage. Le lac des Dix est aussi le point de départ de nombreuses randonnées dont le Sentier des Bouquetins. Plus d’infos

Randonnée au lac des DixTélécabine de la Grande Dixence

Une raclette, s’il vous plaît?

Nous reprenons la route en fin d’après-midi pour nous approcher de notre destination finale, le Parc Naturel de Pfyn-Finges qui propose des sentiers de randonnée assez courts et simples et en bonne partie ombragés. Mais avant de gagner nos pénates temporaires, nous chassons la raclette. Bien que la raclette soit un plat qui se mange dans toute la Suisse, elle est particulièrement réputée au Valais. Hélas, elle est aussi fort courue: nous devrons malheureusement nous résoudre à dîner ailleurs, et ce n’est pas faute d’avoir essayé (note pour plus tard: réserver d’avance).

Bon, pas de raclette alors.

Nous rentrons affamés à Varen (Varonne en français), côté suisse-allemand, et nous arrêtons sur la terrasse du restaurant Varensis, au coeur du tout petit village: nous n’espérons que le salut de nos entrailles (il manquait peu pour qu’elles commencent à se manger d’elles-mêmes). Nous serons surpris en bien: la nourriture et délicieuses et l’accueil fabuleux. Ici, tout le monde semble se connaître mais l’on nous salue aussi, nous les inconnus.

À Varen, j’ai déniché Zum Schleif, un Bed & Breakfast à peine ouvert, flambant neuf, tenu d’une main sympathique et familiale. Le design est très élégant et moderne mais ne dénature d’aucune manière la construction originale du chalet. Le matin nous est servi un délicieux et complet petit-déjeuner à base de produits locaux.

Bed & Breakfast Zum Schleif à VarenBed & Breakfast Zum Schleif à Varonne
Le Bed & Breakfast Zum Schleif, dans le village de Varonne

Varen et son vin au nom curieux, le Pfyfoltru

Zum Schleif allie à ses activités hôtelières une cave collaborative où les vignerons du coin peuvent mettre en vente leurs produits. C’est l’occasion pour nous d’enfin goûter le rouge au nom curieux, le pinot noir Pfyfoltru (papillon, en valaisan). Pfyfoltru est une appellation régionale décernée aux producteurs favorisant la biodiversité et protégeant l’environnement, mais aussi à des vins qui auront reçu la note « très bien » par la commission suisse. Ce pinot noir est, en essence, un délicieux vin à la texture épaisse et à la robe sombre dont je ne pourrai pas vous dire grand chose de plus, la somme de mon vocabulaire et de mes connaissances viticoles demandant encore quelques améliorations.

Vallée du Rhône, Varen

La vallée du Rhône, vue des sommets de Varen

Village de Varen, Haut-Valais

C’est dimanche matin. Le paisible de Varen pourrait presque laisser penser à un village fantôme tant il semble avoir perduré, intouché durant des siècles (mais de gentils fantômes avec du bon goût). Le doute subsiste jusqu’à ce que les cloches de la petite église appellent ses villageois: en voilà une bonne partie, apparue comme par magie. Avec eux, le soleil et les montagnes sont aussi au rendez-vous (normal, vous dirait un valaisan). Et nous, rares touristes levés de bon matin, cueillons une botte de bonjours bien frais et radieux.

Village de Varonne, Haut-Valais Village de Varonne, Haut-Valais Village de Varonne, Haut-Valais Village de Varen, Haut-Valais

Le Parc Naturel de Pfyn-Finges et son pont bhoutanais

Notre petite balade dans le Parc Naturel de Pfyn-Finges sera drastiquement réduite à un bout de forêt et à son attraction principale (cause fatigue parentale): le pont bhoutanais. Il vaut le détour! C’est une structure impressionnante de 134 mètres de long (et légèrement secouante) qui se veut être un pont entre les cultures: de la Suisse et du Bhoutan (où ont été réalisés ses plans), mais aussi du Bas-Valais et du Haut-Valais (vous souvenez-vous? les parties francophone et germanophone).

Pont bhoutanais de Pfyn-Finges Pont bhoutanais de Pfyn-Finges

Un rösti au feu de bois, quelque part sur la montagne

Nous retournons au véhicule pour tracer les trois kilomètres qui nous séparent d’un moment très attendu… Oui, le moment de manger! J’avais demandé à notre hôte si elle ne connaissait pas une petite adresse secrète, quelque chose de vraiment d’ici, et la première chose qui lui est venue en tête était le Berghüsli (en suisse-allemand, ça signifie la petite maison de montagne). Ici, grand-mère et mère préparent leur rösti au feu de bois: il n’y a pas d’électricité.

Berghüsli à Leuk Berghüsli à Leuk Berghüsli à Loèche

Nous sommes accueillis sous le ciel bleu du Valais comme si, enfin, nous étions arrivés au repas de famille. Les clients, randonneurs et voisins pour la plupart, nous font participer à leurs conversations, entre quelques verres du fameux fendant. Papa et maman de nomade s’offriront une fondue, quant à moi, je tiens à essayer ce fameux rösti des montagnes. Beurré à souhait (comme il se doit) je le laisserais presque fondre sur ma langue.

Viandes et fromages du ValaisFendant, vin blanc du Valais
Notre repas commence avec une assiette de viandes et de fromages du Valais, accompagnés (of course!) d’un petit fendant.
Fondue aux herbes en Valais Rösti au feu de bois au Berghüsli
Rösti au feu de bois / Fondue aux herbes
Le ciel bleu du Valais

Le ciel bleu, oh si bleu! du Valais

Leuk, fièrement romantique

Notre dernière halte sur le retour sera la visite du village de Leuk (Loèche en français) plus connue pour ses bains thermaux (à Loèche-les-Bains, un peu au-dessus) que pour les charmes de ses petits chalets. Presque aussi tranquille que sa voisine Varonne, elle nous salue de ses quelques vignes décoratives, de roses à tout va et d’enseignes d’un autre temps. C’est comme si elle nous proclamait, fière, que sa beauté figée durera pour l’éternité.

Village de Leuk, Haut-Valais Village de Leuk, Haut-Valais Village de Leuk, Haut-Valais Village de Leuk, Haut-Valais Village de Loèche, Haut-Valais Château de Loèche Village de Loèche, Haut-Valais Village de Loèche, Haut-Valais Village de Loèche, Haut-Valais Vignes à Loèche (Leuk) Village de Leuk, Haut-Valais Village de Leuk, Haut-Valais

Par Corinne Stoppelli

Je suis Corinne, un petit oiseau libre. Sans domicile fixe depuis 2010, je sillonne la planète à la recherche d'inspiration et de points de vue différents. Sur Vie Nomade, je partage mon regard sur le monde, le temps et le changement, d'une plume sincère et d'un objectif curieux et ouvert. En savoir plus?

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(10 commentaires)

  1. Justine Montmartin

    Qu’est ce que j’aimerais visiter les villages suisses, encore plus avec ton bel article et les superbes photos qui l’accompagne. J’ai déjà visité Genève et j’avais adoré ! C’est super de faire profiter tes parents de ta passion.

    • Merci Justine :) Si tu as aimé Genève alors sans nul doute tu aimerais aussi… tout le reste! Si tu repasses et que tu aimes les villes, je te recommande Lausanne, Fribourg et Bern. Les trois sont absolument charmantes et à taille humaine.

  2. C’est presque chez moi, ce que tu montres. J’ai grandi à la frontière suisse, et qu’est-ce que je les aime, les Alpes. Je ne rate jamais une occasion d’aller sillonner les montagnes quand je rends visite à ma mère sur les rives du Léman, et je note tes adresses pour une prochaine visite :)

    • Difficile de ne pas les aimer, je crois! Tout près de la frontière il y a aussi le Lac de Taney que j’ai découvert cet été: un magnifique endroit. Et aussi, l’Arboretum d’Aubonne (là on n’est plus vraiment dans les montagnes-montagnes, mais c’est beau quand même ;)

  3. C’est trop joli ! J’ai passé 2 jours à Grône (à côté de Sion) en septembre et j’ai adoré ! Ensuite j’ai été dans d’autres coins de la Suisse qui étaient tout aussi enchanteurs !

  4. DocManouche

    Le Valais, quel bon choix ! :D Même si j’y suis née et y ai grandi, il m’en reste encore tellement à découvrir !! Varen fut d’ailleurs ma première destination à mon retour de six mois dans les Balkans ! Partir, pour mieux s’émerveiller de chez-soi.

  5. Mais qu’elle est belle ta Suisse ! je suis émerveillée ! J’adore cet article, les photos de la route en lacets, des montagnes, des détails si typiques…
    Je rêvais d’y aller cet été pour notre voyage en camping en amoureux (tous les ans, on fait un voyage 100% cool, sans partenariat, en mode camping, à deux, tranquille et sans pression) mais je vais t’avouer qu’aussi belle soit la Suisse, elle fait un peu mal à mon budget, même en camping… du coup je crois que ça sera Autriche/italie du nord (je veux les Alpes)… pardon pardon !!

    • J’avoue, la Suisse fait mal au porte-monnaie, y compris en camping… mais pas en bivouac! C’est un peu délicat somme sujet, comme 95% de la Suisse (j’exagère un peu volontiers) est déclarée réserve naturelle, mais l’essentiel étant le respect de la nature et donc de ne rien laisser inchangé ou endommagé, c’est donc largement toléré. Allez, laisse-toi tenter ;)

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