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Corinne

L’entourage, c’est tout un voyage

Je vous avais déjà parlé de mon amie Stephanie, il y a un bon bout de temps. C’était en mars 2010, quelques mois avant mon envol pour la vie nomade.

À travers une simple invitation à franchir une barrière virtuelle (se rencontrer suite à nos tweets), puis sociale (randonner durant quelques jours à travers les Alpes suisses), la présence réconfortante et compréhensive de Stephanie m’avait aidé à comprendre que:

  1. Je peux voyager avec des inconnus.
  2. Les inconnus peuvent s’avérer être des gens super cool.
  3. Les gens super cool ne me trouvent pas forcément minable.
  4. C’est parce qu’en fait, je ne suis pas si minable que ça.

Oui, je reviens de loin.

L’estime et la confiance que l’on se porte, on naît peut-être avec, mais on les perds parfois en route et c’est ce qui m’est arrivé. Des personnes maladroites, mal-intentionnées, ou carrément mauvaises on traversé ma vie d’enfant et de jeune fille pas tout à fait finie. Ils m’ont fait miroiter une réalité triste, m’ont fait perdre toute confiance en les autres et en moi.

Soit. J’ai traversé ce que j’avais à traverser, et il n’y aucune raison d’essayer de revenir inutilement sur le passé. Ce qui importe c’est que j’ai avancé, terriblement. Et aussi que j’ai gardé l’envie de survivre, de grandir, d’aller au-delà (je ne sais pas trop d’où me vient cette force, d’ailleurs).

Et ce qu’il est curieux d’étudier, c’est le processus de guérison. Comment, d’une petite excursion en montagne avec une fille aux cheveux roses et son ami (sans cheveux roses mais tout aussi sympathique) une petite révolution, que je ne pouvais alors pas encore comprendre, était-elle née?

Vue de nuit de Gryon, Suisse

Vue de nuit de Gryon, Suisse

Aujourd’hui l’équation est limpide pour moi. Notre entourage reflète toujours une vision du monde particulière, parfois si particulière qu’on oublie parfois qu’il existe d’autres visions.
Quand, depuis toute petite, on est coincée dans une vision terrible et qu’on s’est accrochée à des valeurs saugrenues pour y survivre, on n’a même pas appris qu’il existait d’autres visions, plus positives, que la nôtre. On s’est probablement aussi enfermé dans un entourage qui partage ces visions négatives qui ne nous conviennent pas, afin de s’auto-valider.

Cela ressemble à un terrible cercle vicieux, n’est-ce pas? Alors comment s’en sortir si l’on se sent coincé, malheureux, pas bien dans sa peau?

Mon secret, celui que m’a silencieusement communiqué Stephanie, simplement en étant ce qu’elle est (une femme affectueuse, ouverte d’esprit, communicative et digne de confiance), c’est qu’il existe des gens avec une vision différente, conscients de l’existence de plein de visions différentes, prêts à accepter la nôtre, tant qu’elle nous convient.
Il y a même des gens prêts à accepter nos côtés sombres, disposés à nous donner une petite tape sur l’épaule en nous disant « Hey, je connais ça moi aussi… ».
Un côté sombre s’efface alors pour laisser place à un côté humain. C’est drôlement plus supportable!
Ce sont ces gens-là qu’il faut garder dans son entourage. Pas ceux qui valident nos âneries, mais ceux qui reconnaissent en nous une différence saine, un potentiel à l’erreur humaine et surtout, notre bonne volonté à nous en sortir.

Arc-en-ciel (Gryon, Vaud)

Après la pluie, le beau temps (Gryon, Suisse)

Mon autre secret, c’est le voyage. J’ai quitté mon entourage, mon cercle social, ma ville. J’ai foncé tout droit vers l’inconnu. C’était une fuite, oui, mais une fuite vers l’avant nécessaire: j’avais à m’éloigner des lieux douloureux de ma jeunesse, j’avais des années de carcan à briser, j’avais une nouvelle personne à découvrir, j’avais mille nouvelles personnes à découvrir.
De tous les peuples que j’ai rencontrés, pas un n’a manqué de me dévoiler une vision du monde différente. Toutes les rencontres que j’ai faites, même les plus banales, m’ont esquissé un autre regard, pas forcément génial, puissant, magique… parfois très simple, parfois très bête, parfois très spirituel.

Je suis convaincue qu’il n’est pas nécessaire de prendre la fuite comme je l’ai fait pour en arriver à ces conclusions. Tout le monde peut y arriver. Il y en a même qui ont tout compris très jeunes. Mais pour moi, c’était une question de survie, une question de course et d’accélération, c’était une question de vie, tout de suite, ou de mort.

Je suis heureuse de vous écrire ce soir, heureuse d’être en vie.
Merci à Stephanie → de m’avoir toujours acceptée, d’être toujours là.
Merci à tous ceux qui ont croisé mon chemin et surtout à ceux qui sont là aujourd’hui. Je ne suis pas très habile pour le dire mais je vous aime, très fort.
Un Joyeux Noël à vous tous qui le fêtez.

Par Corinne Stoppelli

Je suis Corinne, un petit oiseau libre. Sans domicile fixe depuis 2010, je sillonne la planète à la recherche d'inspiration et de points de vue différents. Sur Vie Nomade, je partage mon regard sur le monde, le temps et le changement, d'une plume sincère et d'un objectif curieux et ouvert. En savoir plus?

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(17 commentaires)

  1. Je suis encore une fois tout à fait d’accord avec toi.
    Et sur le fait de bien s’entourer.
    Et sur le poids du conditionnement familial et éducatif sur notre façon de nous voir et d’appréhender la vie.
    Pour moi, la révélation a eu lieu en Inde, au cours de mon dernier séjour de 6 mois, au coeur d’une aventure extra-ordinaire qui m’a mené deux mois à Auroville et fit faire des rencontres magiques. C’est là que j’ai pris conscience que j’étais responsables de ce que j’étais et allais devenir, au mépris de ce que m’avaient fait entrevoir mes proches. Qu’il ne tenait qu’à moi de les faire mentir, de me faire mentir, pour sortir de mon conditionnement, de mes croyances limitatives, afin de devenir celle que je voulais être.
    Depuis, trois ans ce sont passés et le processus continue. Petit à petit. Pas à pas. Doucement mais… sûrement!
    Joyeux Noel et Bonnes fêtes à toi! Continue à nous écrire de si belles choses…

    • Hello Lily, merci et Joyeux Noël à toi aussi :)
      On a pris l’ascenseur et on n’arrêtera pas de monter de sitôt!
      J’imagine que comme moi tu dois parfois regarder ta vie d’avant et te dire que tu ne vivais pas vraiment.
      J’ai du mal encore, à mesurer le poids de ces années passées comme dans une prison. Les regarder me blesse, et à la fois me rassure, c’est vraiment comme une cage de laquelle je me suis enfuie et dans laquelle je sais que je ne retournerai jamais.

  2. Claire

    Tu fais partie des belles rencontres que j’ai faites en franchissant la barrière du virtuel. Je suis aussi casanière que tu es voyageuse, pourtant j’arrive à des conclusions similaires aux tiennes en ayant suivi des chemins différents mais tout aussi tortueux. Joyeuses fêtes de fin d’année joli oiseau !

    • Claire! Je suis heureuse de te connaître :)
      J’ai rencontré un jeune homme à qui l’on a fait faire tout ce cheminement dans une école… J’étais abasourdie. Comment toutes ces choses que j’avais pu apprendre pendant mes longues années de voyages pouvaient-elles s’apprendre en une année de cours? Il y a vraiment mille façons.

  3. Nicolas

    Merci de partager ces réflexions !

    Comme vous le soulignez, il n’est pas obligatoire de fuir pour avoir accès à d’autres visions du monde, on peut simplement s’ouvrir un peu plus aux autres, néanmoins, j’ai le sentiment que le voyage est un vrai accélérateur, pour évoluer plus vite, au même titre qu’un psy peut nous aider à prendre conscience de certaines choses que nous aurions mis plus de temps à découvrir par nous-même.

    • Bonjour Nicolas,
      Oui, c’est une sorte de béquille. Il me semble que c’est le fait de sortir d’un environnement dans lequel on se sent jugé et qui limite donc nos expériences afin de trouver le vrai « nous ». « Mais si je fais ça, machin va savoir, que va-t-il penser, à qui va-t-il le dire? ». Loin d’eux, on se sent plus libre de jouer, de tester afin de mieux se comprendre.

  4. Marc Omeyer via Facebook

    Joyeux noël à toi aussi : ) et tu sais déjà que la plume est ce qui relie tous les humains entre eux, dans la petite, toute petite famille de la planète… la seule vérité, c’est ce lien et écrire c’est le célébrer ; ) strength love happiness hope confidence are our weapons !

  5. Laura

    Quel bel article qui est un hymne à la vie, à la différence et au parcours que nous devons tous tracer pour surmonter le pire et vivre enfin le meilleur.
    J’aime les voyages pour ce qu’ils nous apprennent de nous même et pour ce regard différent et parfois davantage bienveillant que des inconnus posent sur nous. J’espère qu’un jour, on se croisera aussi sur la route, ici ou ailleurs, encore plus forte, encore plus vivante. Laura

  6. Je suis tellement d’accord avec toi ma chère Corinne. Ces ami(e)s sont tellement précieux. Tu as une grande chance de l’avoir dans ta vie, cette Stéphanie… Un bel hommage que tu lui rends ici.
    Et oui, vivent les rencontres, tout simplement, qu’elles se passent près de chez nous ou plus loin !

  7. The Wandering Boy

    C’est amusant, je passe de temps en temps sur ton site depuis deux ans environ, et je ne t’imaginais pas comme quelqu’un ayant pu manquer de confiance en soi et d’estime de soi…
    Entre temps, j’ai voyagé un an environ, et je me retrouve beaucoup dans ton texte. Sur l’importance des rencontres et de l’entourage (combien de discussions, du genre de celles que j’aurais uniquement avec mes amis les plus proches, j’ai pu avoir avec des inconnus pendant mes voyages…), et sur le fait que, si voyager a aussi été pour moi une fuite en avant, elle était nécessaire.
    Pour l’instant, je suis rentré en France, mais en me faisant la promesse que je continuerai à aller de l’avant. C’est le cas sur certains points, sur d’autres j’ai la sale impression de revenir à mes vieilles habitudes… merde, je crois qu’il va falloir repartir bientôt !
    En tout cas MERCI pour ton post, ça fait du bien de lire ça !

    • Hello et merci à toi :) Moi c’est pareil, dès que je reviens en Suisse je me vois changer… Je m’en passerais bien des fois! J’étais fière sans montre pendant les 6 premiers mois, et puis j’ai commencé à en reporter une, en bonne Suisse, et voilà. Au final c’est de l’adaptation, je crois ;) Par contre y’a des trucs qui m’inquiètent, comme le retour de la peur. J’étais beaucoup moins peureuse/inquiète à l’autre bout de la terre dans l’inconnu qu’ici. Je me rends compte que c’est la paranoïa des autres autour de moi qui me contagie et j’essaie dur comme fer de m’en tenir loin. C’est un combat ardu, mais nécessaire.

  8. tu pointes un point interessant. Finalement, l’intérêt du voyage, en dehors de la découverte, l’aventure etc, vient peut etre du fait qu’il te permet de briser les habitudes un peu trop ancrées et t’éloigner d’un entourage qui ne t’aide plus, et t’empeche d’être ce que tu es vraiment, de « tendre vers ton essence » ( ca veut rien dire, mais je suis sur que tu comprends)

    En Bolivie, je ne sais pas comment m’est tombé entre les mains un bouquin de développement personnel d’un certain Robin Sharma. « Exito, une guia extraodinario  » (je connais pas le titre en anglais, mais tu dois pouvoir trouver) .C’est pas du tout mon genre de lecture habituel, j’ai toujours trouvé ca un peu ridicule, mais cette fois ci je lui ai donné sa chance, et j’ai appris beaucoup d’idée tres importantes. L’une d’elles, tu en parles un peu dans cette article :

    – il faut avoir le courage de dire non. Dire non jusqu’à son entourage proche, vampiriseur de temps et d’énergie, qui par sa simple présence t’empêche de realiser tes reves et tes projets. C’est cruel, mais je crois que c’est une des cles.

    je te recommande vivement ce bouquin.

  9. Su-Su

    On se voit très peu, on mène des vies différentes, je ne te le dis pas, mais moi aussi je t’aime très fort…

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