Vie Nomade, Quelques pas vers la liberté

Adieu, nostalgie!

Une immense couche de blanc s’étale à l’horizon. Tout en est recouvert, et si l’on sort un peu des chemins battus, on peut s’y enfoncer jusqu’aux genoux, ce qui a le don de me procurer un sentiment indiciblement positif.

Lorette, Fribourg (Bourguillon)

Tout au somment de Fribourg, il y a cette falaise de laquelle on embrasse la ville d’un seul regard. Je m’y suis rendue tout à l’heure, bravant le froid, les pieds mouillés et une légère convalescence. Je ressentais le besoin de m’évader un instant, de m’éloigner de ce que je connais désormais par coeur.

Là-haut, avec toute cette neige, les conditions étaient idéales: une ascension un peu éreintante pour moi, et puis une satisfaction de fouler la première, par endroits, ce doux manteau, suivie de cette paix légère que respire l’endroit.

Uniquement dérangée par quelques pépiements (des mésanges charbonnières), le passage d’un tracteur, et l’éventuel écho de certains véhicules au fond de la vallée, je me suis demandée si mes aspirations étaient justes. J’ai constaté qu’à cet instant précis je n’étais nostagique de rien, et j’en ai soupesé l’importance: essentielle, je regarde devant.

Je n’ai jamais cherché à refouler le passé, au contraire j’y ai longtemps vécu terrée, comme par auto-procuration avec, en outre, l’impression vive d’y avoir été retenue prisonnière par une force inconsciente.

Aujourd’hui, il me semble que tout s’éclaire sur ma route, que le temps des regrets s’achève et laisse place à un terrain pur. Et je constate que la nostalgie, en me quittant, m’a comme délivré des chaînes qui retenaient mes rêves. Qu’il est bon de pouvoir regarder devant soi, de se dire que tout est encore à faire!

Je sais que bientôt, pour une chose ou une autre, la nostalgie s’emparera à nouveau de moi. Mais désormais, je sais aussi comment la considérer, comment la remettre à sa place. Je sais qu’elle peut être positive mais que, la plupart du temps, elle est une sorte de refuge à la réalité.

J’ai alors fait un choix. Je préfère rendre honneur à la vie, à l’instant présent, car c’est la seule vérité qui s’offre à nous, et je compte bien ne me laisser déposséder d’aucun de ces moments de lucidité.

Alors adieu, nostalgie!

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  1. Une parenthèse, sans nostalgie

Ce billet a été publié le Mercredi, décembre 17th, 2008 à 15:40 dans la catégorie Train de Vie. Vous pouvez suivre les réponses grâce au flux Commentaires RSS 2.0. Vous pouvez laisser un commentaire, ou effectuer un trackback depuis votre site.

Devant la chapelle de la Lorette, Fribourg (2008)